Hawksley Workman : un nouvel album palpitant

Avec Less Rage More Tears sorti cet automne, le Canadien Hawksley Workman signe un 20e album aux contours changeants. Une drôle de pirouette ou un éventail d’expériences qui prouvent, s’il le fallait, la liberté et la singularité de ce musicien venu de loin.


Inclassable, Hawksley Workman ? On aurait tendance à répondre par l’affirmative à l’écoute de ses albums délivrés depuis plus de 20 ans, dans lesquels rock, pop et folk s’étirent dans tous les sens. Mais le Canadien sait surtout poser sa voix là où on ne l’attend pas, en interprète caméléon, aussi caressant que puissant. Avec son nouvel Less Rage More Tears, il en fait une belle démonstration, avec de délicates complaintes qui éclatent souvent en envolées lyriques sensibles ou acharnées.

Hawksley Workman est bien un ouvrier indépendant qui, avec ce nouvel effort, s’affranchit encore de l’étiquette folk doucereuse qu’il s’était collé avec son précédent Median Age Wasteland. Le songwriter et multi-instrumentiste a rebranché les guitares, polissant une pop mâtinée de rock aux reliefs généreux. Entre exaltation et fausse tranquillité, mélancolie et vrais sourires, Less Rage More Tears s’épanouit au fur et à mesure de sa progression, avec une palette d’émotions qui défrise parfois. Des larmes certes, mais un poil de rage contenue tout de même.





Le premier morceau annonce la dynamique de ce 20e opus avec cette longue montée toute en délicatesse qui se fend en un refrain imparable et inattendu. Dwindling Beauty est une des prouesses de cet album, qui représente parfaitement les écarts dont est capable Hawksley Workman, dans ses albums comme dans cet opus. Avec ses changements de tons, Just A Dream a aussi ses atouts pour éclairer la frange pop, mais on préfère les contrastes électro-rock, suspens-explosion de Slow Suicide (by wine). Un morceau qui tire la manche d’une pop plus actuelle, tissée avec des vieilles ficelles rock, et le résultat fait mouche.

Dans ce mélo, la mélodie et la voix tout en retenue de Young And Wasted est une pause harmonieuse appréciable, tandis qu’avec la même réserve, le morceau Name The Strays qui clôture l’album apporte une touche bienvenue, décalée et rythmée. Le petit pas de côté offert par Tahiti Treat nous emmène aussi ailleurs, sur un chemin dansant, avec cet électro d’un autre âge qui a le pouvoir euphorique de la nostalgie (clip 8 bits incontournable !).





Parmi ces neufs titres, on regrette parfois les déviations à l’extrême : les introductions sont toujours hyper attirantes mais la profusion de nappes et d’effets qui suivent, balayent parfois les bonnes ondes de départ (Around Here, Acid Wash Jeans, Good Old Fashioned Acid Rain). Ce qu’on ne peut pas retirer à Less Rage More Tears, c’est de faire office de grand bol d’air, avec des mélodies qui appellent les grands espaces et les cris du haut des montagnes. Et même quand la quiétude est là, les émotions pleuvent. Quoi qu’il fasse, la sincérité et la maîtrise d’Hawksley Workman assurent sa force.


Hawksley Workman – Album Less Rage More Tears sorti le 23/10/2020 (Rupture)
Ecouter : https://orcd.co/lessragemoretears

https://hawksleyworkman.com

Photo © Pierre Veillet

musique
  • Création : 20/11/2020
  • Mise à jour : 20/11/2020

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