Camille de la Guillonnière : Artisan de la scène, acteur au turbin

Directeur artistique de la compagnie « Le temps est incertain, mais on joue quand même », Camille de la Guillonnière est au coeur de l’événementiel estival avec le temps fort « Le temps d’un troupe » (château du Plessis-Macé) et sa « Tournée des Villages ». Portrait.


« Je vais chercher une scie sauteuse et j’arrive ! » Cherchez le dramaturge, vous trouverez un artisan, touche-à-tout courant derrière le temps et l’outillage nécessaire à la fabrication de son prochain décor.

Camille de la Guillonnière, le directeur artistique de la compagnie « Le temps est incertain, mais on joue quand même » est un homme pressé ; dans quelques jours, ce sera le sprint estival tant attendu : la Tournée des Villages 15e du nom sillonnera les cours d’écoles, les places de village ou théâtres de verdure de la campagne angevine pour 30 représentations de Je vous parle de Jérusalem, une pièce d’Arnold Wesker.

« Le texte a 60 ans, mais il est d’une actualité incroyable », s’enthousiasme Camille, la scie sauteuse tout juste remise à qui de droit. Pas alerte, taille jockey, regard clair et droit, le metteur en scène et comédien s’accorde enfin une pause. Pour quelques minutes au moins, il va rembobiner le film de ce qui fait son théâtre depuis bientôt 20 ans, expliquer comment « le goût du jeu est devenu le goût de la troupe et du rapport au public ».





« Le théâtre, c’est un vice familial », avance tout de go l’enfant de Soulaire-et-Bourg, citant les expériences amateures de son grand-père ou de sa mère. Lui se construit au fil des ans, prend ses premières claques émotionnelles au Nouveau Théâtre d’Angers (le centre dramatique national d’alors), se frotte à l’hôtellerie du côté de l’abbaye de Fontevraud –_« le fait de vouloir chiader l’accueil du public, chaque soir, vient aussi de là… »– puis intègre l’exigeante formation professionnelle de l’acteur Claude Mathieu, à l’aube des années 2000. _« C’est une école du texte, mais aussi du rapport au public », insiste Camille, qui forge alors sa conviction profonde et de solides amitiés. Les quelque trente comédiens qui forme la compagnie qu’il co-dirige avec Jessica Vedel sont tous issus de ce moule. « Il y a une forme d’attachement viscéral à cette troupe, une notion hyper forte de fidélité aux acteurs. »


« Monter sur un plateau est de toute façon politique »


Chaque été depuis 2005, la maison familiale du Haras de la Rousselière où les parents de Camille sont éleveurs de chevaux, se transforme en bastion de la joyeuse équipée. C’est ici et dans quelques autres lieux d’habitude –comme ce jour au château du Plessis-Macé– que les mises en scène de Camille prennent vie « sur des textes plus denses que les premières années. Monter sur un plateau est de toute façon politique, mais le rapport de fidélité qui s’est construit entre le public et la troupe permet d’aller plus loin : les spectateurs trouvent de l’intérêt à découvrir les acteurs dans tel ou tel rôle ».

Inconditionnel de Balzac –_« il a tiré la sonnette d’alarme avant tous les autres sur la fin de la spiritualité, la déshumanisation par l’argent »– le trentenaire porte un théâtre engagé, sur le fond comme sur la forme. Lors de la Tournée des villages, les acteurs accueillent le public, servent au bar, jouent puis échangent autour du propos de la pièce. « On n’est pas des acteurs enfermés dans notre loge, mais des acteurs au turbin. S’occuper de l’accueil, des décors, fabriquer un bel accessoire, c’est se libérer de l’obsession du _« je ». Pour magnifier son jeu ?

S.R.


Retrouvez les dates du temps fort « Le temps d’un troupe » au château du Plessis-Macé

Retrouvez les dates de la « Tournée des Villages »

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  • Création : 25/7/2020
  • Mise à jour : 25/7/2020

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