Jessy Benjamin, « J’aime beaucoup rire de moi »

En mars, à Nantes, se jouent Les Eclats Francophones, quatre concerts pour fêter la création musicale autour de la langue française à travers le monde. La première date – samedi 14 mars – verra se produire Damien Robitaille et Jessy Benjamin pour un show inédit sous forme de cabaret-concert à la Cité des Congrès de Nantes.

Scéno s’est tourné vers Jessy Benjamin, finaliste en 2018 du Festival international de la Chanson francophone de Granby. Une belle découverte pop soul qui a dernièrement sorti son premier album, Tapioca, calme toi ! et risque de faire parler de lui au delà des frontière québécoises. Rencontre avec cet artiste sympathique à l’univers attachant et plein d’humour.





Au Québec, vous êtes connu pour avoir participé, adolescent, à l’émission musicale Mixmania. Pouvez-vous nous éclairer sur cette émission et sur ce qu’elle vous a apporté ?
C’était une émission de télé-réalité qui donnait l’occasion à huit jeunes adolescents (dont moi) d’apprendre le métier d’interprète. C’était en 2001, et ça avait cartonné, comme on dit en France. Alors je suis encore reconnu pour cette émission, mais le plus gros que ça m’a apporté, c’est beaucoup d’expérience et de maturité à un si jeune âge.

Pourquoi ne pas avoir surfé sur cette notoriété pour continuer dans la musique ?
Je devais vivre mon adolescence de façon normale. J’étais très jeune (13 ans) et je ne savais pas encore si je voulais être chanteur dans la vie. J’ai pris un détour pour apprendre à mieux me connaître et je suis revenu naturellement vers la musique. Je suis content de ne pas avoir trop voulu presser le citron. Aujourd’hui, je fais de la musique parce que j’en ai vraiment envie et selon mes termes à moi.

Aujourd’hui, vous avez la trentaine et votre 1er album, Tapioca, Calme-toi, est sorti il y a seulement quelques mois. Que s’est-il passé depuis l’année Mixmania ? Avez-vous fait de la musique en douce ?
J’ai continué à faire de la musique pour le plaisir, mais j’ai surtout expérimenté toutes sortes de domaines différents, pour finalement revenir vers la musique. Il y a eu des hauts et des bas, mais une fois que je me suis fait à l’idée que c’était la musique qui m’attirait, j’ai tout de suite senti un apaisement.





Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre la musique ? Et particulièrement à emprunter cette veine pop soul groovy ?
Je voulais faire quelque chose qui m’appartenait et qui me ressemblait. J’avais ma propre idée de ce que je voulais faire comme musique. C’était assez clair dans ma tête, et je voulais que les gens me reconnaissent pour ça, et non plus pour quelque chose que j’ai fait il y a 20 ans.


Quels artistes vous inspirent musicalement ?
J’ai un gros crush qui dure depuis quelques années maintenant sur Still Woozy. Ça m’inspire beaucoup. Sinon aussi Brad Stank, Hether, Les Louanges, Mac Miller.


Dans vos chansons, vous avez un côté lover-crooner un peu décalé. Est-ce une image que vous souhaitez donner ou celle qui colle le mieux à votre univers ?
Ça m’est venu un peu naturellement. Je pense que les chansons de mon premier album demandaient une certaine autodérision sensuelle, si je peux l’appeler ainsi. En ce moment, je me promène entre la légèreté et la sensualité. Quelque part entre les deux.





Dans vos paroles, il y a de la romance, du quotidien et une bonne touche d’humour, de dérision. Est-ce qu’on tape juste ou à côté ?!
Oui, il y a clairement de ça. J’aime beaucoup rire de moi. Ça me fait du bien et je pense que ça peut faire du bien à beaucoup gens et les inspirer à ne pas trop se prendre au sérieux.


Vous avez fini 3ème aux Francouvertes il y a peu de temps. Le vivez-vous comme un nouveau tremplin ?
Je suis 3e en ce moment, mais ce n’est pas terminé. J’espère me rendre en demi-finale. Effectivement, les Francouvertes représentent une belle vitrine pour tous les artistes. Ils ont fait découvrir beaucoup d’artistes qui sont ensuite passés au niveau suivant, et j’espère que ce sera mon cas.


Vous vous produisez avec Damien Robitaille aux Éclats Francophones et pour une tournée à venir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Damien m’a beaucoup inspiré pour mon premier album. Dans ce qui se fait de léger et auto-dérisoire, Damien est vraiment le maître chez nous au Québec, et je me suis reconnu là-dedans. Je pense qu’on va bien se compléter en plateau double.





Y a-t-il des artistes français avec qui vous vous trouvez des affinités ?
Je dois avouer que je ne suis pas beaucoup la scène française. Peut-être que ce voyage me permettra d’élargir mes horizons un petit peu. J’ai découvert « Poupie » que j’ai bien aimé récemment. Sinon, Philip Katerine m’inspire beaucoup dans ce qui se fait d’autodérision et de folie également. J’ai adoré Stromae quand il faisait de la musique. Est-ce qu’il en fait encore ? Je ne sais plus trop.


Qu’est-ce qui tourne sur votre playlist en ce moment ?
Still Woozy, Brad Stank, Hether, Whitney, Gus Dapperton, Mac Miller, Boy Pablo, Kid Bloom. Aussi Anderson Paak, Parcels, Two Another, The Marias. Mais je jette toujours là-dedans un peu de Bahamas ou Jack Johnson, question de relaxer un peu. Pour ce qui est de la musique québécoise, Les Louanges, Valence, Luis Clavis.


Toutes les dates : www.eclats-francophones.com

Les dates de mars
Vendredi 14 mars > Jessy Benjamin & Damien Robitaille
Mardi 24 mars > Lou-Adriane Cassidy
Jeudi 26 mars > Femmes Fanm
Mardi 31 mars > Les Amazones d’Afrique

musique
  • Création : 11/3/2020
  • Mise à jour : 11/3/2020

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