Boostee, « M.A.D est l'album que j’avais besoin de faire à ce moment là »

À tout juste 24 ans, Boostee est un nom qui tourne sur la toile et la scène. L’artiste choletais a défrisé la chronique avec le morceau Pop Corn en 2016 et son premier album Bluesky, sorti dans la foulée, lui a valu d’être nominé aux NRJ Music Awards 2017.

Avec M.A.D, disponible depuis septembre dernier, Boostee confirme l’essai du premier opus, surfant sur les genres sans pour autant entrer dans les cases. Entre rap, pop, folk et électro, Mehdi poursuit son chemin, mais n’oublie pas ses origines : il sera sur la scène du Jardin de Verre de Cholet les 30 novembre et 1er décembre 2019 pour deux concerts tout feu tout flamme !


Vous retrouvez-vous dans la mouvance rap actuelle ?

Non car je mélange le plus de styles possibles. J’essaie de sortir des cases, de n’être ni un artiste rap, ni un artiste pop mais un artiste qui propose un art à part entière, sans étiquette.


Deux ans se sont écoulés depuis Bluesky. Comment s’est fait le processus de création ? A-t-il été long ? Compliqué ?

Le processus a été long, compliqué et simple à la fois car quand on commence un nouvel album, beaucoup de choses nous traversent l’esprit : l’attente du public, l’attente des médias, nos propres attentes. J’ai fait le choix de voyager un peu, aux États-Unis, au Canada et en revenant je me suis dit que je devais faire l’album que je voulais. Moi uniquement. S’il s’agit d’une chanson qui n’a pas de couplet ou qui n’a pas de refrain, peu importe ; si elle te touche, c’est l’important. Ce n’est pas forcément logique pour les gens, mais j’avais envie de faire ce que je voulais. Et j’ai fait cet album en partant du principe que si ça me parle, si ça me touche, cela sera parlant pour les gens. Et j’en suis très fier. Ce n’est pas un album que l’on attend dans la logique, mais c’est l’album que j’avais besoin de faire à ce moment là.





Vous disiez que Bluesky était un album qui vous correspondait. C’est donc le même sentiment avec M.A.D ?

Avec Bluesky, j’ai été honnête avec moi-même dans le sens où c’était vraiment le reflet de ce que je faisais. Mais M.A.D est aussi le miroir de ce que je suis aujourd’hui, avec deux ans d’intervalle. J’ai accepté de me dire que je n’étais pas le même qu’il y a deux ans et que cela devait se ressentir dans les nouveaux titres. Je l’ai assumé. De fait, M.A.D me ressemble autant que Bluesky me ressemblait il y a deux ans.


Dans vos chansons, vous exprimez plutôt vos ressentis et sentiments personnels ou vous puisez aussi vos thèmes dans votre environnement ?

J’ai toujours exprimé mes sentiments personnels. Je ne m’invente pas une vie ; il n’y aucune fausse histoire dans mes titres. Tout ce dont je parle, je le vis ; c’est pourquoi mon inspiration est vraie et sincère, car dans aucun titre je ne vais raconter un point de vue qui n’est pas le mien. Quand j’évoque quelque chose que je ressens ou pense, c’est ce que j’ai vécu : une histoire d’amour, d’amitié, une histoire qui me parle et qui me correspond.


Alors, en partant de ce principe, seriez-vous aujourd’hui un peu plus morose, désenchanté que vous ne l’étiez auparavant ? Car M.A.D est un peu moins lumineux que ne l’était _Bluesky_…

Pour moi, il est toujours lumineux car il y a des titres comme All I know ou California qui rayonnent. Mais c’est vrai qu’il y a un côté un peu plus nostalgique que l’on ne trouve pas sur Bluesky. Sur M.A.D, je viens avec trois titres plus nostalgiques que l’on avait pas du tout sur Bluesky, ça donne donc l’impression que l’album est plus sombre. Mais c’est un peu la vérité aussi : Pour être heureux, il faut un cocktail d’émotions et la nostalgie en fait partie, la tristesse aussi. Et je voulais mettre ça en avant pour montrer que ces émotions là nous servent aussi ; j’avais envie de l’assumer pleinement dans cet album.





Vous évoquez régulièrement vos relations avec les fans et êtes toujours très respectueux envers eux…

Oui parce que dès le début, ça a été une belle histoire. Les fans m’ont permis de faire énormément de choses. Je suis quelqu’un qui profite de la vie, je peux partir six mois sans donner de nouvelles. J’avais besoin de leur montrer que je les considérais, que je pensais à eux, que j’avais beaucoup de respect car ils m’ont permis de faire beaucoup et je n’oublie pas. Et d’une certaine manière, tout ce que je fais, je le fais en partie pour eux, par respect, pour leur montrer qu’il n’y a rien de suspect dans le fait de partir et de s’éloigner des réseaux. Ils ont toujours été un soutien sans faille sur les réseaux, donc même quand je ne donne pas de nouvelles, je pense à ces fans.


Avec Pop Corn entre autres et votre premier album, vous avez explosé les scores. Comment vivez-vous cette notoriété ?

Bien sûr ça change la vie. Même quand on s’imagine être prêt, avoir les épaules, on ne l’est jamais vraiment. Même si tu l’as cherché de tout ton cœur, quand ça marche et que ça arrive, c’est bizarre… Mais être bien entouré, avoir de vrais amis, avoir des appuis dans la musique comme j’ai Nino Vella, ça aide énormément à passer dessus. Il faut se dire que ce n’est rien, que de la musique, que de l’amour. On fait les choses, on profite, on s’amuse mais surtout, avec la musique, il faut être préparé à ce que ça monte aussi vite que ça peut descendre. Ça va du tout au tout. Une fois que tu es préparé à ça, tu peux tout affronter. Si tu es un écorché vif ou quelqu’un qui a des problèmes à régler, c’est plus compliqué car on vit des choses tellement fortes, en positif et en négatif, qu’il faut s’accrocher pour ne pas perdre ses bases.

C’est un combat perpétuel, ça monte et ça descend sans arrêt, mais c’est ce que je trouve génial, alors que pour d’autres c’est un cauchemar. On peut diriger sa carrière, contrôler son succès dans ses choix, ses directions artistiques et j’aime ça, ça ne me fait pas peur parce que je sais qui je suis. Je ne fais pas ça pour intéresser les gens mais parce que j’aime la musique avant tout. Si je l’aime comme ça, les gens aussi et si on est prêt à faire des montagnes russes, il n’y a plus grand chose qui peut nous atteindre. Qu’on me reconnaisse dans la rue, je n’en ai rien à faire ; l’argent, je n’en ai rien à faire, mais faire ce que j’aime, c’est ce qui m’importe.


Vous avez monté votre label mais avez collaboré avec Universal pour M.A.D. Parvenez-vous tout de même à rester indépendant ?

Oui car j’ai signé avec Universal pour la distribution. Le reste, c’est moi qui ai tout produit et fais à ma convenance. Je suis 100 % indépendant, et artistiquement, c’est moi qui décide !





Vous tournez M.A.D depuis octobre, comment l’album est-il accueilli sur scène ?

C’est du bonheur ! C’est trop bien car c’est moi qui ai mis en place la tournée via mon label donc chaque date est importante, chaque personne avec qui je chante est importante. Les salles sont remplies, les gens chantent, c’est génial.


Et vous n’appréhendez pas davantage votre retour à Cholet ?

Non, je suis impatient ! Je n’appréhende pas, c’est plutôt l’excitation de se dire qu’il faut marquer l’esprit des gens, leur montrer que je suis à 100% sur tout.


Vous avez collaboré avec beaucoup d’artistes, dans des featurings ou dans vos vidéos « En Stud’ avec ». Y a-t-il eu des collaborations marquantes ?

Les artistes avec qui je suis passé de la musique à l’amitié, il y en a deux… trois… Quand je rencontre un artiste et que je l’aime humainement et artistiquement, je vais avoir envie de partager avec lui, qu’on se donne de la force ensemble. Et dans ceux qui ont fait cela pour moi, il y a Vianney, qui m’a donné beaucoup de force dans ma petite carrière ; il m’a notamment permis de monter un set. Avec Slimane aussi on s’est éclaté sur un duo et on était très content. J’ai également invité Zaho sur ma chaine parce qu’il m’avait invité sur la sienne. On travaille ensemble, mais à la base, ce n’est que de l’amour et la musique est la manière de le montrer. Je n’ai aucun regret sur mes featurings et il n’y a que de la chanson française !


Des collaborations prochaines ?

Il y a des collaborations en cours mais je ne peux pas en dire plus pour le moment !


INFOS

http://boostee.fr/
https://www.facebook.com/BoosteeOfficiel/
La chaine de Boostee

Photos © Koria

musique
  • Création : 12/11/2019
  • Mise à jour : 25/11/2019

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