Cinq plaidoiries à la une

Samedi 15 juin, le Festival d’Anjou accueille au château du Plessis-Macé Richard Berry pour son spectacle Plaidoiries mis en scène par Éric Théobald. Durant une heure vingt, Richard Berry endosse le costume des avocats de cinq grands procès qui ont marqué les esprits et la justice. De quoi nous faire réfléchir sur l’évolution de celle-ci depuis les années soixante-dix.


Cinq procès retentissants, cinq plaidoiries percutantes

Première plaidoirie : l’affaire Courjault, 2006. L’avocat de Véronique Courjault, acccusée d’infanticide, tente d’expliquer et de lever le tabou sur le déni de grossesse malgré l’emprise des médias sur le sujet.
Deuxième plaidoirie : l’affaire Papon, 1997. L’avocat met en lumière le fait que Maurice Papon a participé à un crime de guerre, un crime contre l’humanité, crime qui ne doit pas rester impuni.
Troisième plaidoirie : l’affaire Ranucci, 1976. L’avocat de Christian Ranucci, accusé du meurtre d’une petite fille, tente de sauver son client de la peine de mort en s’appuyant sur des éléments qui pourraient le disculper.
Quatrième plaidoirie : l’affaire Benna-Traoré, 2015. L’avocat défend les familles des deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur en voulant échapper à la police. Il démontre que les policiers n’ont pas prévenu les jeunes du danger qu’ils encouraient et que cette non-assistance à personne en danger doit être reconnue.
Cinquième plaidoirie : le procès Bobigny, 1972. L’avocate, maître Halimi défend Marie-Claire, seize ans, accusée d’avoir eu recours à l’avortement après avoir été violée. L’avocate se bat pour que les femmes puissent disposer de leur corps comme elles le veulent.
Cinq procès, cinq plaidoiries mettant en lumière la difficulté pour les avocats de plaider en la faveur de leur client, pour le jury d’établir un verdict juste et qui ont fait évoluer les mentalités et les lois.


Magistrale interprétation

Richard Berry campe à merveille chacun des avocats mis dans la lumière. Il habite tout l’espace scénique et nous entraine dans l’intimité de ces différents procès. Nous nous trouvons à l’intérieur de ces cours d’assises et chaque fois nous sommes face à un avocat pugnace qui fait tout son possible pour éclairer le jury sur les faits et assurer la défense de son client. Il est tour à tour défendeur d’un présumé meurtrier ou de familles détruites par la mort d’un de leur proche. Chaque avocat qu’il incarne, il le joue sans fioritures avec une pêche et une envie de convaincre le public de se rallier à sa cause. Nous avons l’impression que Richard Berry connaît toutes ses histoires sur le bout des doigts et qu’il s’est investi dans chacune d’elle sans jugement avec toute la compassion possible pour chacun des accusés. Une magistrale interprétation qui restera dans les mémoires.


Une soirée pour réfléchir

Bien que les sujets abordés soient difficiles à entendre, ces plaidoiries ont le mérite de nous faire réfléchir sur la justice et son évolution sur les quarante dernières années. Toutes les plaidoiries choisies mettent en lumière un enjeu de la justice : le déni de grossesse, le droit des femmes, l’abolition de la peine de mort, la non-assistance à personne en danger, les crimes contre l’humanité. À travers ce spectacle, nous apprenons comment tel enjeu a été mis sur la table à l’instant T pour être reconnu à ce même instant ou pour permettre à la justice et à ceux qui la font de réfléchir sur celui-ci. Tous les avocats n’ont pas réussi à sauver leur client mais on doit leur reconnaître une prise de position et le fait d’avoir tout mis en œuvre pour les défendre. Un spectacle qui ne s’oubliera pas de sitôt et qu’il est urgent d’aller voir si ce n’est pas déjà fait.


Crédit photo : Pascal Riondy

théâtre
  • Création : 17/6/2019
  • Mise à jour : 17/6/2019

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