Tarmac Rodéo : « On est d’abord un groupe de live »

C’est en pleine répétition de leur nouveau spectacle prévu au Chabada le 21 mai prochain que le sextet Tarmac Rodéo nous a reçus. Sur la terrasse du Joker’s Pub – qui a accueilli sa première scène – , entre un café et un test de son, on a taillé la bavette autour de leur 1er album Saltimbanque Prohibition. Une production ficelée aux oignons, à base de swing, de punk et de cabaret qui sera inaugurée sur la scène du Chabada.

Rencontre avec l’un des compositeurs, Julien Jolis, chanteur et tromboniste, et ses acolytes, la chanteuse Mélanie Le Cam et le trompettiste José Baloche.


On vous voit depuis 2015 sur les scènes du territoire. Quels ont été les débuts de Tarmac Rodéo ?

Julien (Rod Lazar) : Ça a commencé en novembre 2014. Dans les fondateurs, on venait de la Fanfare Les Skroks et d’autres groupes angevins. Pour ma part, j’avais aussi un groupe de ska et un de punk rock. Un autre gars venait d’un groupe de métal. C’est toujours une histoire de rencontres et les gens qui nous manquaient sont venus de Nantes, Ancenis. On sortait de tournée, notamment avec les Skroks et on a créé Tarmac Rodéo dans cette idée de scène. Pendant quatre mois, on s’est concentré sur monter un groupe et un répertoire pour pouvoir monter un live et partir en concert.





Aviez-vous déjà cette ligne artistique si particulière : « cabaret swing punk » ?

Julien : Oui il y avait déjà une volonté d’avoir un univers bien à nous, pas juste de faire la musique. On s’est baladé dans plusieurs styles et le cabaret est l’idée qui nous a le plus rassemblée. De là, on est parti sur un cabaret avec nos influences qui peuvent être aussi bien rock que métal et avec le swing qui collait bien à l’ambiance des années 20 aux années 50. On a fait ce mix là, c’est pourquoi les morceaux se baladent sur plein de styles musicaux et gardent une cohérence.


Ce terme, « cabaret swing punk » définit bien l’esprit de Tarmac Rodéo ?

Julien : C’est large mais ça nous définit bien. Comme lorsque l’on parle de « cabaret », ce n’est pas le Moulin Rouge ! Il n’y a pas de shows de cabaret mais c’est une atmosphère cabaret.





Qu’est-ce qui vous a inspiré pour monter cette formation ?

Julien : Visuellement, ce sont davantage des univers de films et de music-hall qui nous ont inspirés. Des atmosphères et des univers visuels : Chicago, cabaret swing… Musicalement, on est deux compositeurs et on a des influences plutôt variées. Mes inspirations sont plus du côté de Diablo Swing Orchestra ou des big band de swing comme Cherry Poppin’ Daddies et quelques inspirations punk. Malcolm (Malcolm Berthou alias Tony, percussionniste, ndlr) s’inspire davantage de groupes à la Deluxe et aussi de music-hall, des musiques assez orchestrées. Ces inspirations viennent se mêler ; ensuite, on les force un peu pour les rentrer dans la ligne directrice.

Sur les anciens titres, la première chanteuse écrivait aussi. Aujourd’hui, la composition s’est resserrée sur Malcom et moi. Ensuite, il y a toujours une mise en commun, un re-travail pour que chacun amène sa sensibilité sur le morceau.

On vient tous d’univers différents. On vient de la musique mais aussi du théâtre comme Mélanie. On croise des chemins qui viennent du funk, du métal, de musique classique ; on n’écoute pas les mêmes choses et on a des parcours très différents. C’est comme ça qu’on s’y retrouve.


C’est une gageure de maintenir un groupe à 7 ! Comment y parvenez-vous ?

Julien : C’est de la gestion humaine. On a une démarche indépendante depuis le début, ça nous oblige à faire les choses nous-mêmes, à nous responsabiliser et on fonctionne bien ainsi.

Mélanie (Lady Suzie) : C’est moins facile à sept, car plus difficile à faire tourner, à organiser, mais ça fait aussi partie de la particularité du groupe. Le fait d’être nombreux, c’est aussi ce qui plait sur scène : c’est tout de suite plus impressionnant d’être à sept.





Après plus de trois ans de tournée et 130 dates, vous sortez enfin un 1er album. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Julien : Notre première année était une année de lancement, une année de tournée, on n’avait même pas d’audio, pas d’EP. On a créé le projet et quatre mois après on faisait la première date. C’était en 2015 et on a enchainé les concerts. En 2016, on a sorti un EP suivi de deux tournées. Encore une fois, on avait beaucoup de dates et on s’est seulement appuyé sur l’EP pendant les deux tournées. On a écrit cet album, Saltimbanque Prohibition, en 2018. C’était seulement un problème de temps ; l’année dernière, on l’a pris.


Avez-vous testé les morceaux de l’album sur scène ?

Julien : Pas tous, mais sur la tournée 2018, on en a effectivement testé certains. On est d’abord un groupe de live, il fallait donc être sûr que quelques morceaux fonctionnent sur scène. Mais certains morceaux du nouvel album ne sont jamais sortis aussi.


Comme vous le dîtes, vous êtes un groupe de scène. Avez-vous nécessairement besoin d’un album ?

Julien : Il y a une volonté, ne serait-ce que pour le groupe. Cela marque une étape d’avoir un album, un vrai.

Mélanie : Après les concerts, les gens nous le réclament souvent pour l’écouter et revenir avec un souvenir chez eux. C’est aussi une volonté du public étant donné que l’EP a été complètement épuisé.





Saltimbanque Prohibition porte bien son nom puisque vous faites la part belle aux artistes : musiciens, comédiens, circassiens… tout en restant dans l’univers de la prohibition, des années 20. D’où vient cette inspiration ? Pourquoi ces sujets là ?

Mélanie : C’est un univers qui nous plait mais qui inspire aussi les gens : cet univers rétro, un peu obscur, un peu mystérieux. C’est inspirant pour les artistes et les gens aiment plonger dans ces ambiances, ils se prêtent facilement au jeu.

Julien : Et ça fonctionne bien avec notre côté swing-punk. Sur le devant, nous avons un côté swing, plutôt rétro classe, et derrière un côté dark et bourrin qui rejoint le punk et l’univers de la prohibition. C’est vraiment du speakeasy : tout le monde est bien sapé et tout d’un coup, en partant à la cave, c’est beaucoup plus le waï !


Vous tournez avec une formule cabaret, qui se décline en rue et en scène. Qu’est-ce qui différencie ces formules ?

Julien : On reste toujours dans l’atmosphère cabaret mais il y a une formule de scène et une formule de rue. Il y a une formule concert sur scène, amplifiée avec des prods et un son assez gros, comme on propose au Chabada le 21 mai prochain. L’autre formule est une forme déambulation qui peut se jouer soit sur des festivals d’arts de la rue, soit sur des déambulations pour emmener le public d’un point A à un point B ; et là ça sonne plus acoustique. Ça va être les mêmes compos, les mêmes univers, les mêmes personnages, mais peut-être avec plus de théâtre et plus de jeu avec le public dans la formule de rue. On est dans quelque chose de plus intime finalement.





Pour cette sortie d’album, vous venez de créer un nouveau spectacle. A quoi peut-on s’attendre ?

Mélanie : Au Chabada, ce sera la première du nouveau spectacle.

Julien : On a gardé certains morceaux de l’album et des plus anciens qu’on a retravaillés pour les entrer dans l’univers de ce spectacle, et il y a des morceaux qui n’ont jamais été entendus.

Mélanie : Des morceaux tous nouveaux, qui ne sont pas sur l’album non plus.


Y a-t-il une vraie théâtralité dans ce spectacle ?

Mélanie : C’est un show visuel, donc il y a beaucoup de mises en espace, de déplacements. On essaye de montrer des tableaux, comme dans un cabaret : à chaque morceau, on change un peu d’atmosphère pour passer d’un univers à un autre. Du point de vue de l’esthétique, il y a pas mal de choses à voir, à vivre en dehors de l’écoute. Au niveau théâtral, ce n’est pas une histoire écrite très compliquée : on emmène les gens à un show cabaret, donc il y a un meneur de revue et toute sa suite. C’est musical et visuel. On a chacun des personnages mais on n’est pas là pour raconter l’histoire de quelqu’un.

José (Boniface) : On a tendance à composer à partir d’une idée visuelle qui va inspirer un fil conducteur nous permettant de créer la musique. C’est parfois plus facile de partir d’une idée de mise en scène pour faire en sorte que ça matche entre la musique et le visuel voulu.

Julien : Ça peut aller dans les deux sens : le visuel inspire la musique et parfois c’est la musique qui inspire le visuel.


Le dernier morceau de l’album, Pavlof semble glisser vers l’electro swing. Faut-il y voir les prémices d’un changement ?

Mélanie : On ne peut pas spoiler le spectacle ! Ça fait partie du show, ce serait dommage d’en parler sans voir le spectacle.

Julien : Mais je ne pense pas que le prochain album ira vers l’electro-swing ! Le prochain album sera sûrement encore plus produit, on tend vers ça, mais de là à entrer dans la case électro-swing, ça m’étonnerait. Du moins pas tout de suite. On ne veut pas faire du Caravan Palace. C’est juste un truc un peu particulier que l’on voulait mettre dans le show…

musique
  • Création : 15/5/2019
  • Mise à jour : 15/5/2019

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