La Maison Tellier : « La même énergie entre l’album et la scène »

Le 14 mai au Chabada, La Maison Tellier viendra défendre sur scène son 6e album studio, Primitifs Modernes. Un opus conçu tout spécialement pour le live, aux arrangements minimaux, qui emprunte autant aux racines folk country du groupe qu’aux accents contemporains de l’électro. Interview avec Helmut, le chanteur de ce beau foyer normand.


Dans quel état d’esprit êtes-vous, quelques semaines après le début de cette nouvelle tournée ?

On a un très bon feeling, les mois qui viennent s’annoncent prometteurs. Les concerts sont des moments simples et joyeux et c’est tout ce que l’on recherche. On a toujours une certaine impatience à l’idée de remonter sur scène après des mois de travail en studio : on plonge en général dans l’inconnu quand on passe un album à la scène, il y a des choses qui prennent plus ou moins. Mais disons que le vécu du groupe et la manière dont on a travaillé sur notre dernier album nous donnent une certaine forme de sérénité : on sait pourquoi on est là !





Primitifs Modernes, votre dernier album, est sorti à la fin du mois de mars. Vous avez justement pensé au live en le composant ?

On l’a conçu pour qu’il soit fun à jouer, oui. Notre ambition, c’est que le public retrouve la même énergie sur scène que sur le disque. On a donc fabriqué un album que l’on peut reproduire quasi à l’identique en live. C’est un vrai parti pris, qui nécessite notamment des arrangements minimaux : une piste pour chaque instrument, avec la contrainte de faire simple, notamment pour Léopold et ses cuivres. On a profité du confort du studio et de l’ordinateur pour enregistrer tous ensemble autant de fois qu’il le fallait, afin de trouver l’énergie que l’on recherchait.


Qu’y a-t-il de primitif, pour reprendre le titre de votre album, au sein de La Maison Tellier ?

Ce titre-là nous définit en tant que groupe. Primitif, dans la manière dont on est entré dans la musique, influencé par de la folk et de la country : une musique sans artifice, avec des racines qui vont chercher assez loin. Primitif, aussi, parce que l’on fait partie d’une catégorie de groupe en voie de raréfaction : au tout début, en tant que groupe, nous étions un peu mauvais comme des cochons mais nous avons progressé ensemble et sommes toujours là 15 ans après, avec quelques certitudes sur ce que l’on fait. On vieillir, on mûrit !


Et le côté moderne ?

C’est le fait que l’on soit vivant, et à l’écoute de ce qui nous entoure. La modernité, on la retrouve dans les boucles électro que l’on a ajoutés, parfois en forçant le trait.





A l’écoute de votre album, on a l’impression d’une cohérence, d’une continuité dans ce que propose La Maison Tellier ? Est-ce une chose à laquelle vous tenez ?

Absolument. Déjà parce qu’on est les cinq mêmes mecs qu’au départ. La Maison Tellier, c’est notre colonne vertébrale, même si chacun a des collaborations extérieures. On fait de la musique indé avec une exigence de beaux textes, en français. Et on n’hésite pas non plus, dans ces textes, à faire de petits rappels ou des ponts avec ce que l’on a déjà fait, qui peuvent parler à ceux qui nous suivent depuis un moment. De ce point de vue, j’aime beaucoup l’idée de carrière.


On sent justement une forme de mélancolie dans vos textes. Qu’avez-vous voulu exprimer dans Primitifs modernes ?

Un aperçu sincère et honnête de la manière dont je perçois le monde, qui me permet d’être connecté avec lui. Ça n’est ni désabusé, ni résigné : je lance comme des bouteilles à la mer, et suis curieux de voir si certains s’y reconnaissent.

Propos recueillis par Sébastien Rochard





Photos © William Lacalmontie & Photos live © Sébastien Rochard

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