À la rencontre d’Edmond

Samedi 16 juin, la pièce d’Alexis Michalik, Edmond, est jouée pour la troisième fois sur les planches du château du Plessis-Macé dans le cadre du Festival d’Anjou. Cette pièce aux cinq molières est très attendue par les spectateurs angevins.


L’histoire dans l’histoire

Nous allons à la rencontre d’Edmond, auteur décrié qui n’écrit que des pièces en vers qui font des fours malgré la présence de Sarah Bernhardt en héroïne. Celle-ci croit en ce jeune auteur plein d’avenir. Elle lui présente donc Constant Coquelin, acteur en recherche d’un chef-d’œuvre pour les fêtes. Pour cet acteur, cette pièce ne peut être qu’une comédie héroïque, genre que Edmond n’a jamais rédigé. Pourtant, il s’engage à écrire cette pièce malgré son manque d’inspiration. Il la retrouve en la personne de Jeanne, la femme convoitée par son meilleur ami et commence l’écriture de Cyrano de Bergerac. Nous assistons donc à la création de son seul véritable chef-d’œuvre en 1897.


Un auteur devenu héros

Dans cette pièce aux multiples facettes, le héros est bel et bien Edmond Rostand, grand auteur du XIXe siècle. Si toute l’histoire tourne autour de l’écriture d’une comédie héroïque, elle ne peut exister sans la personne la plus importante qui soit : l’auteur. Un vrai challenge pour l’acteur qui incarne ce héros. Guillaume Sentou l’interprète à merveille. Il est cet auteur décrié et moqué par ses pairs, Georges Feydeau et Georges Courteline, en manque d’inspiration qui retrouve une muse inspirante. Il est totalement envoûtant ce Rostand.


Une soirée fantastique et émouvante

Que dire d’une telle soirée à part qu’elle fut tout aussi magique qu’émouvante. Il n’y a pas assez de superlatifs pour décrire le génie de Monsieur Michalik. On rit, on s’émeut des vers écrits par Edmond pour Jeanne ou bien de Cyrano pour Roxane, on applaudit la pièce en elle-même et la pièce dans la pièce. Ici, l’art dramatique se construit au-delà du texte et nous, spectateurs, ne pouvons que suivre et nous enivrer de la prose et des vers de Rostand. Il n’est donc pas étonnant que cette création de Michalik ait obtenue cinq molières en 2017 dont celui de l’auteur francophone vivant, celui de la mise en scène, celui du second rôle et celui de la révélation masculine pour Guillaume Sentou. En somme ce fut une soirée éblouissante qui a bien mérité sa standing ovation. Un vrai plaisir !

théâtre
  • Création : 18/6/2018
  • Mise à jour : 20/6/2018

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