François & the Atlas Mountains retissent l’Apocalypse

Un an après leur passage à Angers, c’est dans un tout autre registre que les maîtres de la chanson pop métissée se produisent au Château d’Angers. Conviés par le Chabada et le monument historique, François ans the Atlas Mountain se sont attelés à une création sonore originale autour de la Tenture de l’Apocalypse. Une création live alliant musique, image et narration ; patrimoine et trésors actuels. À retrouver les 19, 20 & 21 mai 2018.

Éclairages par François Marry, leader du groupe.


Quelles ont été vos premières impressions de la Tenture de l’Apocalypse ?

Une impression très moderne, une sensation très immersive, je suis sorti de la galerie comme si j’étais sorti d’un film. Un film assez chargé en effets spéciaux, presque un film d’héroïc fantasy. Ce qui m’a marqué aussi, ce sont les animaux, les bêtes et le caractère assez actuel des sujets abordés par l’Apocalypse et par la tapisserie qui l’illustre. Et notamment un thème d’une bête qui crachait des grenouilles et rapportait la mauvaise parole qui se rependait sur la Terre comme un fléau apocalyptique. Le guide qui nous avait fait la visite l’avait savamment associé à la manière dont les sondages, les rumeurs se rependent à notre époque actuelle. Finalement, j’avais trouvé cette œuvre intemporelle et très moderne.


Vous vous étiez vite fait une image ?

Le guide était très performant, mais je suis généralement ouvert aux expériences artistiques et de la par la qualité d’éclairage de la galerie et le caractère monumental de la toile, je n’avais pas l’impression d’avoir visité un musée ou des ruines comme parfois lorsque l’on visite un site archéologique ou historique où il faut beaucoup faire marcher son imagination pour projeter quelle était l’intention et l’impression des auteurs de l’œuvre à l’époque. Ça m’a déclenché des émotions, des impressions, sans que j’ai besoin de faire un travail de replacement dans l’époque.





Vous êtes-vous appuyés sur des éléments particuliers de la Tenture pour échafauder cette création ?

C’est une création plus large. La première émotion de cette tapisserie m’avait inspiré un morceau qui est sur notre dernier album, Apocalypse & Ipsos, qui reprend cette idée de bête crachant des grenouilles. Finalement, cette impression de trouver une signification actuelle à partir d’une œuvre ancienne, c’est ma manière de rentrer dans cette œuvre. Mais pour la création, l’idée est d’y entrer par une approche sonique, puisqu’on va disposer des enceintes le long de la galerie et faire un système en multi-dimension pour accentuer l’aspect immersif de cette exposition. C’est donc beaucoup plus inspiré par le contexte. Non contents d’être inspirés par la toile, on va pouvoir performer avec la Tenture, donc laisser de la place à cet environnement qui est puissant par lui-même.


Quelle relecture musicale en faites-vous ?

C’est un style moderne. On va utiliser des moyens de production actuels, beaucoup de sons électroniques et quelques percussions. Mais l’espace résonne tellement que l’on ne va pas avoir besoin de beaucoup le charger. L’élément principal va être le système de multi-diffusion en sept enceintes, puisqu’on a repris ce chiffre récurrent des textes bibliques qui apparait dans les tapisseries. On va diffuser en sept endroits et faire une sorte de vague de sons qui amène le spectateur à traverser cette apocalypse, et à en sortir, puisque c’est ce que fait l’œuvre elle-même. L’issue de la Tenture représente une espèce de cité idéale qui renaît. Avec le son, on va essayer de procurer ce mouvement et cette sensation de sortie. L’idée est de jouer sur l’impression plus que sur la narration.

Qu’est-ce qui, dans cette création, diffère de ce que l’on connaît du groupe ?

A peu près tout, puisqu’on ne va pas jouer nos morceaux. Le groupe sera en trio, sous un format plus électronique que percussif, funk ou pop. C’est davantage une création sonore atmosphérique comparé aux chansons que j’ai pu écrire.





Vous aviez l’ambition de faire un croisement entre musique, image et narration. Est-ce vraiment le cas ?

Ça va être en filigrane, mais l’œuvre et le lieu sont tellement forts, que la manière dont je vais introduire les références au texte biblique et à la visite ont été pensé plus subtilement. Ça va être chanté et vraiment mélangé au son. On pourra le discerner, mais l’idée est de jouer sur l’impression plus que sur la narration. L’aspect immersif global va dépasser l’aspect individuel de chaque scène.


Accepter cette carte blanche a tout de suite été évident ?

Oui ! Je suis friand de plusieurs choses dans ce type de propositions. D’un part, le cadre d’écoute que cela permet : je ne vais pas être sur scène face à un public et devoir être l’entertainment total de ce que l’auditeur perçoit puisque l’appui visuel de l’oeuvre et l’aspect immersif de la galerie plongent déjà l’auditeur dans une forme d’écoute très particulière. Et ce que j’apprécie beaucoup dans ce genre de contexte, c’est que cela permet de développer d’autres formes musicales que je ne pourrai pas développer pour un album, un format radio. Pour moi, la musique est toujours reliée à un moment de vie, et la vie change, passe… Donc pouvoir faire des objets artistiques qui sont liés à un moment et à un lieu spécial, c’est vraiment un exemple d’expression artistique assez ultime.


Dans le cadre de la Nuit des Musées, le 19 mai à 19h
Les 20 & 21 mai à 11h & 15h
Château d’Angers

musique
  • Création : 18/5/2018
  • Mise à jour : 18/5/2018

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