Ça Chauffe, 10 ans et plus que vivant !

En 10 ans, le festival Ça Chauffe a amassé des chiffres impressionnants : près de 20 000 spectateurs pour 242 représentations, le tout en une semaine, chaque année à Mûrs-Érigné. La 10e édition, très dense, est toute aussi ahurissante avec ses 24 spectacles, 22 compagnies et 30 séances prévus du 5 au 11 mars.

Le festival devenu pluridisciplinaire nous dit en substance que les compagnies professionnelles du département réunies au sein du SAAS ont aussi leur mot à dire. Petite mise au point avec Samuel Daboville, porte-parole de l’association Ça Chauffe.





Le SAAS (Structures-Artistes Associés Solidaires) réunit aujourd’hui 37 compagnies, soit près d’un tiers des collectifs du département. Un atout pour se faire entendre ?

Le SAAS est un outil de coopération entre artistes, techniciens, administratifs, professionnels du spectacle vivant dans le Maine-et-Loire, qui permet de s’épauler et de porter la filière spectacle vivant un peu plus loin, un peu plus haut. Chaque compagnie garde sa propre identité artistique, c’est important, mais ensemble, on défend l’intérêt général du spectacle vivant en Maine-et-Loire.

On fait un peu de lobbying auprès des collectivités territoriales car tous ensemble, on a plus de poids qu’individuellement, mais il suffit de mettre tous nos indicateurs en commun pour se rendre compte de notre force. Avec quasiment rien en subventions, on a autant de spectateurs regroupés que Le Quai. On est par exemple le premier acteur du département en terme d’ateliers culturels auprès des scolaires et troupes amateurs. Avec tous les membres du SAAS, on a l’équivalent de deux à trois représentations par jour, du 1er janvier au 31 décembre.


Une démarche que vous défendez également pour le festival…

On défend une vision plurielle de la culture, avec un engagement fort en terme de sujet dans les propositions artistiques ou en terme de vision d’une politique culturelle. Que les compagnies soient dans ou hors du SAAS, notre leitmotiv est de soutenir la diversité au maximum. On défend nos propositions mais on défend aussi les spectacles des autres, que l’on partage ou non leur ligne artistique, que l’on aime ou pas.





Comment se fait la sélection de Ça Chauffe ?

La sélection ne se fait pas de manière pyramidale, par un programmateur, comme cela se fait plus traditionnellement. Pour Ça Chauffe, l’ensemble des compagnies du SAAS propose chaque année des spectacles, et on les étudie seulement d’un point de vue technique, logistique. Si on a trop de propositions, les compagnies qui n’ont pas joué l’année passée sont prioritaires. Cela nous permet d’avoir une pluralité de formes et une ligne artistique ultra diversifiée que ne présentent pas d’autres centres culturels. En somme, notre patte, c’est la diversité.


Le festival affiche quasi complet chaque année. À quoi attribuez-vous ce succès ?

On est effectivement toujours aux alentours de 90 % de remplissage et 100 % en jeune public. C’est en partie dû à l’identité du festival et à son organisation atypique : l’ensemble des compagnies se relaie sur le plateau, en billetterie, au bar, à l’accueil, en restauration… Les gens aiment cette ambiance particulière qui permet la rencontre et la convivialité. Et le public a également pris ses habitudes ; il a confiance en notre programmation, ultra diversifiée, qui lui permet à la fois de trouver un spectacle à son pied et d’aller à la découverte d’autres palettes. Et avec 37 compagnies dans le SAAS, le réseau est grand !





Un élément déclencheur dans Ça Chauffe ?

C’est parti de l’ancienne directrice culturelle du Centre Culturel Jean Carmet, Nadine Loch, qui avait proposé une carte blanche à la Cie Ergatica. Mais Ergatica n’avait pas assez de spectacles pour faire un événement sur plusieurs jours et a donc invité des compagnies d’amis. Au début, il y avait la Cie Crue, Piment langue d’Oiseau et Spectabilis. Ensemble, ils ont construit un petit événement. En somme, c’est parti du Centre Jean Carmet et de la générosité d’une compagnie. L’année suivante, ça a été ouvert à l’ensemble des compagnies du SAAS et ça a vite pris de l’ampleur.


Pourquoi êtes-vous passé d’un « théâtral festival » (ancienne appellation de Ça Chauffe) au spectacle vivant ?

Deux raisons. Au départ, Nadine Loch ne souhaitait pas intégrer la musique car le Centre Jean Carmet avait déjà une programmation musicale importante à l’année. Et puis au fur et à mesure, beaucoup de compagnies ont présenté des spectacles avec de la danse, de la musique, de la vidéo… Des formes hybrides, croisées, pluridisciplinaires. Il était donc difficile de rester un festival centré sur le théâtre. Ça a glissé petit à petit, d’année en année, il n’y avait plus de raison de mettre de bornes et depuis quatre ans, le sous-titre « théâtral festival » a complètement disparu. Ça a été naturel, d’autant que le SAAS ne représente pas seulement des compagnies de théâtre.



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  • Création : 28/2/2018
  • Mise à jour : 28/2/2018

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