Le grain de sel d’Olivier Bourdeaut

Son premier roman, « En attendant Bojangles », avait fait l’effet d’une petite bombe à sa sortie, aux premiers jours de 2016. Deux ans plus tard, Olivier Bourdeaut explore à nouveau les marges avec « Pactum Salis ».

Il y a un peu plus de deux ans, son premier roman avait fait souffler un vent de fraîcheur, voire de folie, salvateur dans la petite cohorte de romans français de la rentrée de janvier. « En attendant Bojangles » ne ressemblait à rien d’autre qu’à lui, plongeant le lecteur dans une tribulation délicieusement originale d’aliénation, d’amour et d’humour. Olivier Bourdeaut y développait un art du rebond et de la formule propre a susciter des émotions contraires mais finalement si voisines : un livre du rires aux larmes.

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Le voilà donc de retour avec un deuxième roman qui reste dans le vent, océanique celui-là. « Pactum Salis » campe une improbable histoire d’amitié masculine au cœur des marais salants de Guérande. Une histoire où l’on retrouve le sens du contrepied d’un romancier qui n’aime rien temps que trimballer son lecteur d’un sentiment à l’autre. La langue est riche, parfois un peu bavarde –un léger travers déjà aperçu dans Bojangles- mais d’une belle fluidité. Un fond stylistique qui sert une forme audacieuse : celle d’un polar fantaisiste où se télescopent deux êtres que tout oppose sinon la marge.
D’un côté, un rustre paludier qui a tiré un trait sur ses errances et son Paris natal ; de l’autre un agent immobilier sans scrupule ni mesure. Jean fuit le monde quand Michel le veut à ses pieds.

L’inévitable rencontre arrive (trop ?) tard. Dans une scène d’anthologie, qui ne manque pas de sel. La suite réunit pour le meilleur et pour le pire ces deux égarés au gré d’un scénario débridé mais par trop décousu. Le charme irrésistible de « Bojangles » n’y est pas, mais on file tout de même à tombeau ouvert vers la fin tragique de « Pactum Salis ».

Olivier Bourdeaut y réaffirme en tout cas avec force une identité littéraire propre que l’on se plaira à retrouver dans les fantaisies à venir.

A lire également, toujours aux éditions Finitude, « Pourquoi les oiseaux meurent », l’enquête ornithologique qui confine à l’intime de Victor Pouchet.

Olivier Bourdeaut, « Pactum Salis », éditions Finitude, 18,50 €.

littérature
  • Création : 12/2/2018
  • Mise à jour : 12/2/2018

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