Une heure avec Matthias Groos, le THV et...

Lundi 14 septembre, il est 14h.
Dans la salle d’activité, transformée en scène de spectacle pour l’occasion, quelques bancs font office de gradins et les éléments techniques sont à vue.
Nos spectateurs arrivent au compte-goutte, interrogateurs, distraits.

14h15. Noir.
Le papier aluminium collé aux fenêtres empêche le soleil timide de s’infiltrer dans la pièce.
Matthias Groos, chorégraphe de la compagnie 29×27 commence son solo FACE. Le rythme est rapide, quelques spectateurs sont encore dissipés et bavards. Rapidement, ils se laissent emmener par la cadence effrénée des mutations de ce monsieur tout le monde qui se transforme, se déforme, s’agite, se précipite au rythme d’une musique réglée au millimètre près.
Silence. Un applaudissement précoce.
Le corps de Matthias fonctionne au ralenti, le monsieur tout le monde reprend son souffle et le contrôle de ses gestes.
Il prend le polaroïd et fige ce moment de répit jusqu’au dernier clic. C’est le noir.
Applaudissements puis retour à la réalité, les néons se rallument.
Matthias salue son public, encore pris dans l’énergie de la pièce. Les spectateurs se tournent naturellement les uns vers les autres et échangent autour de ce qu’ils ont vu, ressenti.
Violaine, coordinatrice culturelle, présente Matthias qui s’assoie face à eux, près pour l’échange.

Le plus âgé ouvre le bal, spontanément :
« Merci beaucoup, ça nous fait du bien voir autre chose, de nous sortir un peu ».
Nous sommes dans l’aile Est de la maison d’arrêt d’Angers et les détenus sont venus au nombre de 8 pour voir le spectacle FACE… un avant-goût avant les 12h d’atelier proposées avec le chorégraphe.
« ça me rappelle moi, de me dépêcher pour m’habiller parce qu’on m’appelle ». Ils se sont identifiés à ce monsieur tout le monde, qui tantôt s’empresse pour s’habiller et mettre sa cravate, tantôt joue au tennis et se rase la barbe…
Ils questionnent Matthias sur son travail, « son gagne-pain », le contenu des ateliers « on va vous aider à créer votre pièce et on partagera le pain ! ». Un autre s’interroge « Qu’est-ce qu’on va faire ensemble ? Parce que la danse, c’est de l’art ». Oui et la réponse fut simple « c’est vous qui allez décider de ce que vous allez faire. » Au fil de la discussion, le chorégraphe parle des personnes qui l’entourent, en jetant un œil vers le fond de la salle, « parce qu’on n’est jamais seul ». Alors, un spectateur se tourne vers la coéquipière de Matthias : « Mais on n’oublie ceux qui sont dans l’ombre, on applaudit Gaëlle ». Gaëlle, scénographe, est l’œil attentif de la compagnie. Elle reçoit les applaudissements de tous, avec timidité et fierté.

15h.
Ils saluent « toutes ces femmes qui sont rayonnantes, ça fait plaisir à voir » et repartent avec, dans la tête, le souvenir de ce moment « d’art », qui est un appel à leur propre créativité… pour les ateliers à venir !

Les ateliers sont imaginés en partenariat avec le THV et proposés en septembre-octobre aux personnes détenues de la maison d’arrêt d’Angers dans le cadre du parcours CULTURE-SPORT imaginé par la Ligue de l’Enseignement Pays de la Loire, en lien étroit avec le SPIP49 avec le soutien de la DRAC des Pays de la Loire.

danse
  • Création : 18/9/2015
  • Mise à jour : 5/10/2015

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