La [Parenthèse] nous entraîne le temps d'une promenade chorégraphique

En mai et juin, la compagnie de danse La [Parenthèse] présente son nouveau spectacle “Cyrano, promenade chorégraphique” dans le Saumurois… une oeuvre poétique et touchante, qui tire son inspiration du chef d’oeuvre d’Edmond Rostand. Rencontre avec Christophe Garcia, chorégraphe et fondateur de la compagnie.



Votre compagnie existe depuis maintenant 13 ans, comment a-t-elle débuté et de quelle manière l’avez-vous faite évoluer?

J’étais danseur au Béjart Ballet et je m’ennuyais terriblement. Je me suis rendu compte à quel point je n’avais pas envie de danser, et à quel point je voulais créer. Je n’ai jamais eu de plaisir absolu à être sur scène, je n’ai pas la générosité, ni la rigueur du danseur. Le projet a débuté lorsque des danseurs de la compagnie sont venus me proposer de travailler une petite pièce qui s’appelait Alice, c’était ma première pièce. C’est à partir de ce moment que je me suis rendu compte que c’était ce que je voulais faire à tout prix, et j’ai décidé de créer la [parenthèse] à Marseille. La compagnie a pu évoluer car nous avons tout de suite formé une équipe ; nous étions liés etnous croyions à un projet commun. Ça a été un long travail…


Vous avez développé votre travail jusqu’au Québec, plus précisément à Montréal en créant la [parenthèse]/Montréal. Etait-ce une étape importante du développement de votre compagnie ?

Oui, énormément. Je suis parti au Québec, où je travaillais pour une compagnie autour du jeune public. De la même manière qu’en France, un groupe s’est formé au Québec autour de mon travail. Au lieu de créer une autre structure, nous avons décidé de faire collaborer les deux compagnies. La [Parenthèse] de Montréal a duré pendant cinq ans, de 2003 à 2008. D’ailleurs, il y a encore un lien très fort, car depuis ces années-là, des Québécois sont toujours partie prenante mes créations. Parfois ce sont les danseurs qui font le déplacement, mais sur Cyrano par exemple, un plasticien et un compositeur québécois ont intégré le projet.



La [parenthèse] a acquis une dimension internationale (vous avez fait des spectacles à NY, Zagreb, Montréal, etc), pourquoi est-ce important pour vous de vous implanter aussi dans le paysage national et régional ?

Parce qu’on n’est jamais aussi bien qu’à la maison ! (rires) Ça permet de créer des racines ; à Angers elles sont toutes fraîches, mais le terreau semble fertile. On ne peut pas essayer de rayonner si on n’a pas une base, car on a besoin de se recentrer de temps en temps. Paradoxalement, c’est important de rayonner, de voir ailleurs pour aller à la rencontre d’autres publics.


« Ma recette, c’est de pousser le public à être là, tout simplement »


Vous revendiquez une proximité, une danse singulière, accessible à tous les publics. Quelle est votre recette pour séduire aussi bien les initiés, que ceux qui n’y connaissent rien ?

Je ne sais pas si je plais aux initiés! (rires) Je pense que la danse est un peu désintéressée du public de nos jours. Ce que j’aime par dessus tout, c’est faire danser les gens ; j’ai envie que le spectateur ait envie de danser aussi. Ma recette, c’est de pousser le public à être là, tout simplement.


Dans votre spectacle Cyrano, promenade chorégraphique, vous vous êtes inspirés du chef d’œuvre d’Edmond Rostand. De quelle manière vous l’êtes-vous approprié ?

Je me suis principalement intéressé à la musicalité de l’écriture. Je me suis approprié cette relation intime, mais toujours très distante entre les personnages. Ce spectacle ne raconte pas du tout une histoire, j’ai juste souhaité faire ressortir la poésie et l’émotion de l’œuvre, de façon très épurée.



Pourquoi avez-vous fait le choix d’intégrer des danseurs et musiciens amateurs à votre spectacle ?

C’est une volonté commune avec le Conseil Général. La principale raisonest de créer des liens, car nous arrivons sur un territoire, et c’est important d’aller à la rencontre des gens qui font de la danse. Nous avions une volonté de créer une relation assez intime avec les danseurs du secteur. Il y a eu une sélection à travers des stages, et cela fait déjà deux ans que nous les connaissons. De plus nos représentations se déroulent dans de grands espaces, nous avons eu besoin de multiplier les danseurs pour créer une œuvre d’ampleur.


« Ce sont des endroits magnifiques, où j’y vois de la danse car au-delà d’être grandioses, ils amènent de la poésie. »


Pourquoi avoir choisi des lieux historiques pour vos représentations ?

Quand je suis arrivé dans la région, j’ai constaté qu’il y avait parfois plus de châteaux que de théâtres. Cela rejoint une envie que j’ai de retrouver la danse partout, ailleurs que dans un théâtre. C’est peut-être aussi une folie des grandeurs… Ce sont des endroits magnifiques, où j’y vois de la danse car au-delà d’être grandioses ils amènent de la poésie. La beauté du lieu se fond avec la beauté du verbe et celle de la musique.


Quels sont vos projets futurs ?

Quelques projets vont se mettre en place sur le territoire et dans les environs avec le Pays des Vallées d’Anjou, la ville de Baugé ainsi que d’autres projets en collaboration avec l’agglomération d’Angers.La base de la création sera dans le secteur, mais j’ai aussi d’autres projets à l’extérieur. L’année prochaine je suis invité en tant que chorégraphe à l’opéra d’Avignon. J’ai aussi des sollicitations auprès du Québec, nous sommes d’ailleurs sur un projet de création jeune public en coproduction avec eux.


En savoir plus sur La [Parenthèse]

Propos recueillis par Louise Portier

danse
  • Création : 28/4/2014
  • Mise à jour : 28/4/2014

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