Yvann Alexandre, nouvelle création Blanc-Sèv

Rencontre avec Yvann Alexandre, à l’occasion de la création 2013 de la compagnie, Blanc-Sèv. Deux pièces en une, qui restent dans la même lignée artistique du chorégraphe  : un univers épuré et centré sur le corps, mais avec comme toile de fond, la question du créateur. Une pièce où différents niveaux de lecture s’imposent…

Blanc-Sèv, pourquoi ce nom ?

C’est une pièce qui questionne la notion de créateur. Sur Blanc, la première partie, deux danseurs évoluent dans un espace de jeu qui ressemble à un vivarium, un espace stérile. La deuxième partie, Sèv, représente la liberté d’action, avec un périmètre vaste et 3 danseurs.
Parce qu’on a l’impression d’un paradis blanc au sens religieux, mais aussi, au sens scientifique, d’un vivarium mais cet espace peut aussi être créé par les spectateurs ou encore par les danseurs entre eux… Le nom en soit, vient d’une vieille expression « Blanc seing », qui signifie une signature, une validation et j’étais intéressé par la question de la signature gestuelle. Blanc, a ce côté non évolutif, alors que dans Sèv on sent la vie qui reprend, cela correspond aux deux facettes de la pièce.

Il s’agit là d’une création, mais de deux pièces : Blanc et Sèv. En quoi sont-elles si différentes et comment s’imbriquent-elles ?

Oui, ce sont vraiment deux pièces différentes mais sans entracte et sans deux parties… Blanc, est « sous contrôle » comme le disent les scientifiques, les danseurs sont comme deux souris blanches. Pour moi, ce sont des papillons enfermés dans un espace clos. Le public est observateur, il y a comme une vitre, une distance entre le plateau et les spectateurs… C’est doux, on est à distance… Mais soudain, il y a une faille, un accident, et Sèv arrive. Et là, on entre dans quelque chose de beaucoup plus rapide… Un danseur est commun aux deux pièces, il est le fil rouge, la cellule souche, le point de départ.

Il y a vraiment deux créations sonores et lumières distinctes… Comment avez-vous travaillé pour garder une cohérence globale ?

J’étais convaincu qu’il fallait deux équipes différentes, on ne retrouve donc pas du tout les mêmes techniques de création. Le son et la lumière sont vraiment des vecteurs dans le « vivarium »… Ils amènent, comme pour une plante, à la floraison mais s’ils s’éteignent, tout s’arrête.
Chaque équipe à travaillé de son côté uniquement sur la partie Blanc ou Sèv, et on découverts leur travail respectif 15 jours avant la présentation de la pièce. Mais je gardais un regard global sur la création… C’est un processus qui a commencé il y a 3 ans, alors on a eu du temps pour peaufiner et donner un visage différent à ces deux pièces, qui sont pourtant dans la même histoire… Deux fois 30 minutes de mondes parallèles, où le public se rend vite compte qu’ils sont intimement liés…

La pièce traite aussi d’une sorte de quête existentielle, finalement : sortir de l’espace protecteur pour se confronter aux dangers de la vie et créer son propre chemin ?

C’est la deuxième idée en filigrane ! Dans Blanc, on a des êtres parfaits, c’est confortable, presque embryonnaire. Cela peut même être angoissant cet « hyper confort », on se demande où ça va nous mener. Puis avec Sev, ça reprend vie, c’est une énergie fulgurante, mais aussi instable…

Comment voyez-vous votre métier de créateur ?

Je pense qu’il y a deux façons de voir le métier de créateur. Soit, c’est une bulle de création personnelle, soit c’est un engagement avec les publics dans le travail de création. J’appartiens plutôt à la première famille, j’ai besoin de partager avec le public à travers des répétitions ouvertes, des laboratoires de fin de résidence pour que les gens voient le travail de la semaine, puis on échange.

Cette création correspond à une étape particulière de votre vie artistique ?

C’est un retour à la création d’une pièce un peu charnière, avec beaucoup de possibles, de nouvelles matières… Je me sens apaisé et heureux. Cette pièce n’est pas comme un point, elle me donne à voir devant moi. Puis, elle s’est vraiment construite comme un parcours, entre différente résidences, répétitions publiques… Puis, il y a la transmission, c’est pour moi la partie la plus importante. Avec amateurs, professionnels, scolaires on travaille sous forme de parcours : avec des cours, en allant voir des spectacles et même en créant ses propres productions…

danse
  • Création : 13/3/2013
  • Mise à jour : 18/3/2013

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