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Notre petite soeur, de Hirokazu Kore-eda (Japon, 2014)

Dans le cadre de la manifestation Cinélégende “Fabuleux festins – moments de convivialité.
Présentation et débat avec Gildas Jaffrennou, enseignant cinéma, spécialiste du cinéma japonais.

Délaissées par leur mère, trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, demeurent ensemble dans leur grande maison familiale. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père qui, lui aussi, les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant pour aller vivre avec une autre femme. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes invitent l’orpheline à venir habiter avec elles. La vie s’organise au fil des saisons et des sentiments…

Commentaire
Adapté d’un manga, le film de Kore-eda parle de la famille au féminin et s’inscrit, à la suite de Ozu ou de Naruse, ou bien de Mizoguchi, dans une riche tradition japonaise. Se plaçant délibérément sous le signe de la bienveillance, le réalisateur trouve toujours le ton juste, le sens de la nuance pour décrire l’affleurement des émotions et des sentiments. Il observe le temps qui passe et sait magnifier toutes ces petites choses dont est faite la vie. Sans aucune mièvrerie, ses films sont de véritables éloges de la tendresse.
En dépit de tous les aléas, ses personnages sont en quête d’harmonie. Ils aspirent à concilier les contraires, à accorder ce qui peut sembler disparate, telle cette famille composée de bric et de broc qui parvient à fusionner dans Une affaire de famille. C’est par exemple le rôle que le réalisateur a confié à la partition musicale de Notre petite sœur : « La première idée a consisté à trouver un thème avec un quatuor à cordes pour les quatre sœurs, puis à définir un instrument par sœur, et à réunir le tout harmonieusement vers la fin. »
Il fait appel, de film en film, à des thèmes récurrents qui s’éclairent les uns les autres. Ainsi celui de la mer comme horizon, ces trains qui relient les êtres les uns aux autres, et bien sûr le partage de la nourriture qui agit comme un ciment entre la plupart de ses personnages. Des convergences qui nous incitent à élargir le point de vue pour considérer Notre petite sœur dans le contexte d’une œuvre particulièrement homogène.

  • Création : 11/1/2020
  • Mise à jour : 11/1/2020
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