Musique

Revolver dégaine

h3.À l’affiche de nombreux festivals de l’été (Les Francofolies, Musilac, Au Pont du Rock et j’en passe), le groupe REVOLVER continue de faire tourner ses songs pop-folk, parfois sobres, parfois énervées, toujours un brin Beatles. Entretien rapido avec le trio.

Revolver comme nom de groupe : est-ce une volonté de faire un paradoxe entre un nom à connotation plutôt violente et votre musique plutôt délicate ou est-ce seulement une référence à l’album des Beatles ?

Tous : Les Deux !!
Ambroise : En fait c’est les deux mais au départ, c’est surtout le nom qui nous plaisait. On ne connaissait pas très bien cet album des Beatles ; on l’a découvert plus tard en en faisant des reprises. Mais c’est le mot, on trouvait que cela sonnait bien pour un nom de groupe, simple et efficace. Le contraste avec notre musique aussi bien sûr.

Pour qui ne connait pas on peut penser que vous jouez du metal ?

Christophe : Oui exactement ! Il y a un groupe de hardrock canadien qui s’appelle comme ça, je sais pas s’il existe encore…
Ambroise : Et aussi Velvet Revolver

Pop anglaise et musique de chambre, ce sont vraiment vos influences majeures ?

Jérémie : La culture de la musique classique en général en fait. Music for a While, le nom de l’album, est une référence à un morceau d’Henry Purcell.
Ambroise : Avec Jérémie on a fait de la musique classique pendant un certain temps et puis pour le coté pop, on aime beaucoup les songwriters des années 60 comme Cohen, Simon & Garfunkel, les Beach Boys, Dylan et plus récemment Elliot Smith nous a vraiment marqué ; c’est devenu notre référence n° 1 à un moment.

La scène française à succès est plutôt issue de l’electro ces dernières années. Comment vous placez-vous par rapport à des gens comme Air, Phoenix, Tellier ?

Ambroise : Air, je connais depuis assez longtemps et j’aime beaucoup ce qu’ils font, surtout les trois premiers albums. Phoenix, on les a découverts très récemment parce qu’on a enregistré notre album avec Julien Delfaux qui a travaillé sur tous les albums de Phoenix alors on s’est un peu renseigné.
Christophe : Moi je ne connais toujours pas très bien mais j’ai des a priori positifs sur les morceaux que je connais. Tellier c’est pareil, je connais deux-trois choses que je trouve vraiment chouettes.

A part les volontés mélodiques communes, l’electro n’est pas votre tasse de thé…

Christophe : Non il n’y a pas du tout d’electro dans notre musique. On a déjà travaillé avec un artiste electro sur des maquettes avant d’enregistrer l’album. A un moment, il était question qu’on joue avec des boucles sur scène, mais on n’avait pas trop l’impression de maitriser ça. C’était un autre univers, pas très naturel pour nous. On ne s’est pas forcé mais paradoxalement, ça nous a ouvert d’autres portes.

Vous êtes plutôt plus proche de Diving with Andy dont la chanteuse est d’Angers.

Ambroise : On les a croisés plusieurs fois. On les a rencontrés à une émission qui s’appelle Le Pont des artistes sur France Inter, ils sont vraiment très sympas. Et c’est vrai qu’ils ont aussi cette double culture : pop et classique. Mais on revendique un côté un peu plus rock sur les concerts. Des orientations vers le rock’n’roll.
Christophe : Mais carrément fifties, Gene Vincent
Ambroise : Le rock’n’roll qui s’arrête en 62 ! Sur scène je joue beaucoup avec une guitare électrique qui fait très rockabilly et puis le violoncelle ça rappelle pas mal la contrebasse de ces groupes là. On s’est formé en reprenant les standard de Chuck Berry. On a l’impression que tous les morceaux se ressemblent mais en fait, ils sont très durs à faire sonner.

Un peu d’improvisation alors ?

Ambroise : On a un peu occulté l’impro au moment où on écrivait des morceaux. Il fallait déjà réussir à maitriser l’écriture.
Christophe : Pour garder un truc évident et simple qui parle tout de suite même avec des structures compliquées.
Ambroise : L’improvisation est une pratique que l’on a retrouvé sur scène récemment avec le batteur.

Comment travaillez-vous pour la composition de vos morceaux ?

Ambroise : On écrit avec Christophe les paroles tous les deux… Chacun de son coté à l’origine puis quand Jérémie (violoncelle) est arrivé, on a commencé à écrire et composer davantage à trois. C’est un va-et-vient.

Publié le 11/7/2012 à 10h45 et mis à jour le 16/7/2012 à 16h26