Pierre-Emmanuel Barré joue Les Insolents

Dans son dernier spectacle, c’était « un sale con » et il tient à le rester ! Pierre-Emmanuel Barré a tourné dans tout l’Hexagone avec son premier one man show dégoulinant d’humour noir, en plus de semer les rires et la gêne à l’antenne avec ses chroniques sur Canal + et aujourd’hui sur France Inter.

En attendant son nouveau spectacle prévu au printemps prochain, ce provocateur hors pair a rejoint Les Insolents aux côtés d’Antoine Schoumsky, Dédo, Blanche Gardin et Aymeric Lompret. Un plateau d’humour testé l’an passé et en tournée tout l’hiver, qui pilonne là où ça fait mal, à l’image de cet ironiste culotté.





Était-ce une idée commune ou un idée de producteur de vous réunir sur scène, les Insolents ?

C’était une idée commune. On a tous un spectacle et on est tous copains. On avait envie de se réunir sur scène pour faire autre chose que des extraits de nos spectacles respectifs. On a beaucoup d’inter-sketchs que l’on change régulièrement ; c’est donc plus un spectacle qu’un plateau d’artistes. On avait envie de déconner et de faire des sketchs un peu cons tous ensemble plutôt que de faire seulement du stand-up avec un maître de cérémonie qui lance les artistes, les présente et les déprésente. On voulait quelque chose de plus marrant.


Êtes-vous proches ? Une vraie bande ?

Ça fait longtemps que l’on se connaît parce qu’on est dans un tout petit milieu ; on est peu ! On ne s’entend pas bien avec tout le monde, mais dans la bande, on est plutôt proche et c’est super agréable. On a choisi de faire le spectacle seulement avec des gens qui s’entendent bien !





Quel est le plus insolent des cinq ?

Ça dépend des dates ! Vraiment !


Quel est le sens de l’insolence pour vous ?

Pour être tout à fait honnête, on n’a pas choisi le titre ! J’ai tendance à penser que c’est très élogieux, alors qu’il y a forcément des mecs plus insolents que nous. Donc c’était un peu prétentieux comme titre. Mais on a un spectacle qui alterne les sujets et styles, des passages politiques, des passages plus sociaux, des passages très noirs. Il y a un peu de tout, ça va assez loin dans l’insolence.


Y a-t-il un humoriste dont vous êtes plus proche dans la bande ?

Je suis fan de ce que fait Blanche. Blanche raconte sa vie, avec un personnage mais de manière très noire, en prenant seulement des thèmes extrêmement difficiles pour le public. Et elle le fait vraiment à merveille ! Elle est le côté social, moi plus politique. Mais on apprécie tous le travail des uns et des autres sinon on ne se serait pas réunis ! On a besoin de s’admirer un peu pour être copains sinon ce serait un enfer.





Aujourd’hui, on voit davantage fleurir les spectacles impertinents. Pensez-vous que le public est en mal d’humour noir, a besoin de cela ?

Il y a davantage de spectacles un peu plus dérangeants effectivement, mais en fait, plus de spectacles sont ancrés dans la réalité. C’est aussi parce que c’est une période difficile que les gens traversent. Et l’humour sur la vie ne concerne pas que les petits travers du quotidien, c’est beaucoup plus vaste. L’humour noir est plus noir parce qu’il y a des côtés de la vie qui sont plus noirs aujourd’hui. Je crois que les gens sont plus ancrés dans le réel alors peuvent-ils être plus choqué ?


Vous menez de front l’écriture d’un nouveau spectacle, la scène avec Les Insolents et la pièce Full Metal Molière, ainsi que des chroniques sur France Inter. Vous vous en sortez ?!

Pour l’écriture du spectacle, il n’y a plus de travail ou presque. Pour France Inter, je suis passé en hebdomadaire ce qui est plus simple qu’une quotidienne. Avec une chronique quotidienne, on n’est plus marrant du tout et quand on a une gastro, on n’a pas envie d’être marrant du tout. C’est vrai que l’exercice d’écriture au quotidien est difficile, mais en hebdo, c’est plus reposant. Et je ne vais pas me plaindre d’avoir du travail !





Comment vous y prenez-vous pour jongler entre les différents exercices (écriture de spectacles, de chroniques) ?

Mon nouveau spectacle (printemps 2017, ndlr) est beaucoup plus ancré dans l’actualité que mon précédent spectacle. J’y rajoute des choses au fur et à mesure, il y a des thèmes qui sont assez intemporels : la guerre, les réfugiés, on devrait en avoir pour un certains temps… Mais pour tout ce qui est politique, je fais des petites retouches d’écriture régulières. Je sais déjà que je vais devoir supprimer un ou deux sketchs en mai 2017 ! Je m’y prépare !


Dans vos chroniques et sketchs, vous faites passer de l’information sous couvert d’humour noir. Est-ce une manière de vous engager ?

Je n’aime pas trop dire que je suis engagé… Mais je préfère l’humour avec du fond ! Il faut d’abord que ce soit marrant et ensuite, si c’est intelligent, ou du moins s’il y a une idéologie derrière, c’est un bonus. Mais attention, j’aime bien aussi les blagues pipi-caca, je suis très friand de l’humour scato, de l’humour très gratuit ! Il ne faut pas forcément enchaîner les blagues sur Manuel Valls, le scato peut se suffire à lui-même ! En ce moment, c’est assez facile de varier le fond – l’actualité, la politique – et le scato, parce que la période s’y prête très bien. Les métaphores sont faciles à trouver !


Cynisme, scatologie, vulgarité, actualité… sont vos fers de lance. D’où vous vient cet humour ?

À la base, j’avais plutôt tendance à être dans l’humour gratuit, scato, un peu trash. Traiter d’actualité et de politique est venu plus tard. Ça vient quand on s’y intéresse, quand on est moins léger, moins innocent. J’ai rajouté petit à petit de l’actualité à mes textes quand j’ai commencé les chroniques, et maintenant, j’aime avoir un côté critique.





Dans vos références, on compte Dieudonné ou Georges Carlin. Ce sont des exemples pour vous ?

Ce ne sont pas des exemples mais des gens que j’ai beaucoup regardés et que je regarde encore régulièrement. Ils sont très talentueux. Mais je n’ai pas vraiment d’humoriste en exemple : tous les gens que l’on a regardés ont forcément un peu forgé notre manière d’aborder l’humour, de construire nos blagues.


Y a-t-il du moins des humoristes dont vous vous sentez proches ?

En France, je ne suis pas sûr qu’il y en ait : je suis très sale…! Mais s’il fut prendre un exemple, il y a par exemple Bonjour Tristesse qui n’est pas vraiment humoriste, mais fait des vidéos sur Youtube, avec qui on a un travail assez proche. Il est tout seul sur son canapé et fait des critiques d’actualité : il sait être assez sale, comme je peux l’être ! J’aime bien l’humour gratuit, scato, et je ne suis pas prêt de changer et de grandir !


Et des humoristes que vous ne pouvez pas encadrer ?!

Il y en a plein ! Mais ils font ce qu’ils veulent ! J’ai simplement tendance à penser que lorsque l’on a la chance d’avoir un micro et de parler plus fort que tout le monde – c’est un privilège ! -, c’est dommage de le gâcher et de l’utiliser pour ne dire que de la merde sans aucun fond…





Avez-vous déjà été censuré ?

Je ne suis pas censuré… C’est arrivé sur Canal + mais seulement parce qu’on ne peut pas dire trop de choses sur la maison. Il y a un côté « ne pas cracher dans la soupe », mais pas de censure directe. Sur Inter, on ne m’a jamais dit de ne pas faire ceci ou cela, mais on sait, c’est une évidence, qu’il ne faut pas exagérer sur la maison. Mais la censure n’existe pas vraiment : J’ai déjà fait des chroniques sur des animateurs d’Inter sans avoir de souci après.


Et vous auto-censurez vous parfois ?

Pas si je trouve ça drôle ! Si la blague qui suit n’est pas assez forte, si je ne trouve pas assez de choses drôles à dire sur le sujet, je préfère ne pas le traiter, mais ce n’est pas de l’auto-censure intellectuelle, c’est de l’auto-censure humoristique.


Vous n’avez pas vraiment de limites ?

Je ne dis que des vérités donc… ! Non je ne dis pas que des vérités, mais ce ne sont que des choses qui se passent réellement, du sérieux. La vie est vachement plus dure que le fait d’en parler. Ça ne fait rien aux gens de voir les clochards dans la rue, mais quand on fait une blague sur les clochards, les gens pensent à s’indigner. Il n’y a donc pas vraiment de limites.


Et avez-vous déjà eu honte de rire de certaines choses ?

Ah non, pas du tout ! Ça, pour le coup, ça ne m’a jamais dérangé !


Vous votez, vous, Pierre-Emmanuel Barré ?

Oh non ! Un isoloir c’est comme un backroom, une fois qu’on est dedans, on a plus qu’à choisir par qui on va se faire enculer ! Alors je ne préfère pas ! Je suis complètement apolitique.

théâtre
  • Création : 9/1/2017
  • Mise à jour : 9/1/2017

Thierry Bidet, les dix doigts des Z’Eclectiques

À moins d’être nouvel arrivant, difficile de méconnaître le festival musical Les Z’Eclectiques qui sème ses collections musicales depuis bientôt 20 ans à Chemillé ou Cholet notamment...

festival - 13.2.2017

Quand le jazz est là

Du jazz en milieu rural ? Jacques Barreau en rêvait, il l’a fait ! Avec peu de moyens, il organise avec...

festival - 14.6.2017

Visite des coulisses du Centre E.Leclerc

Le centre E.Leclerc fête ses 10 ans cette année. Visite des coulisses du magasin comprenant les réserves et les laboratoires de préparation...

autres - 22.5.2017

Rhizottome

C’est une rencontre entre l’accordéon d’Armelle Dousset et le saxophone sopranino de Matthieu Metzger. Ce dernier a côtoyé Louis Sclavis...

musique - 14.6.2017

Saveurs Jazz Festival - 8ème édition

Pour sa huitième édition le Saveurs Jazz Festival, labellisé Réseau SPEDIDAM, s’installe les pieds dans l’herbe au Parc de Bourg Chevreau...

musique - 13.6.2017

Demba Diabaté, le griot à rencontrer

Bien connu des acteurs culturels maliens, Demba Diabaté fait doucement entendre sa voix en Anjou. À l’occasion du festival Cinémas...

spectacle - 9.5.2017

Tout savoir sur sceno.fr

www.sceno.fr • AideEn savoir plus