Synapson, le son de la maturité

En 2014, le duo Synapson était propulsé sur le devant de la scène avec Djon Maya Maï, remix deep house du titre de Victor Démé. Les amis d’enfance tournent dorénavant avec leur album Convergences et font cet été l’affiche d’une trentaine de festivals, dont le City Trucks Festival. Rencontre avec Alexandre, la moitié de Paul.


Pouvez-vous nous éclairer sur la création de Synapson ?

On s’est rencontré il y a 20 ans au pied d’une barre d’immeubles, pendant des vacances à Biarritz. C’est une histoire d’amitié qui a duré. Paul habitait Toulouse et moi, Paris. On a continué à échanger malgré la distance et on s’était promis de faire de la musique ensemble un jour. On est chacun parti jouer à droite à gauche pendant qu’on menait nos études : quand j’ai commencé à faire mes premiers sons, je les ai envoyés à Paul qui, à l’époque, les diffusait sur Radio Campus Toulouse ! Et il y a sept ans Paul est venu vivre à Paris… De bidouilles en bidouille, on a monté Synapson.





Comment passe-t-on de DJ au Festival de Cannes à une formation qui tourne ?

On a fait le contraire de ce qu’on voulait. A la base, on est producteur de musique, on avait donc l’envie de monter un vrai show live, mais pour cela, il faut du temps et des moyens. On a donc fait des DJ set, entre autres au Festival de Cannes, avant de pouvoir construire le live que l’on ambitionnait, avec une vraie formation. Et on a mis autant de temps à monter notre live que notre album. Les gens ont longtemps cru qu’on était seulement des DJ, alors qu’on est d’abord compositeurs de musique.


Les révélations électroniques françaises sont nombreuses ces dernières années. En quoi vous démarquez-vous ?

On se démarque peut-être dans le fait de s’inspirer de la chanson, plutôt que de faire de l’electro progressive, comme avec le collectif de la tournée Flash Deep (The Avener, Feder, Joris Delacroix, ndlr). On accorde beaucoup d’importance à l’aspect mélodique de nos compositions. Et on mélange aussi beaucoup de styles : notre album Convergence est la somme de toutes nos influences, très larges – pop, world, hip hop, house – et on ne s’enferme jamais dans un style. Là où certains – c’est pas une critique parce qu’ils le font très bien – font des reworks – The Avener reprend des morceaux déjà existants, Feder a une musique plus formatée « club » – nous on est resté un peu plus chanson. D’ailleurs aujourd’hui, on ne partage pas les mêmes scènes. C’est peut-être en cela que l’on s’est différencié.





Convergence est-il finalement l’aboutissement de ce que vous avez développé depuis sept ans ?

Ce n’est pas la fin de quelque chose, c’est la première réelle pierre à l’édifice. Synapson a commencé il y a sept ans ; à l’époque notre envie était déjà de faire de la musique en y mettant toutes nos influences. Le problème c’est qu’être amis avec quelqu’un est une chose, mais faire de la musique et travailler avec lui en est une autre, c’est comme si on repartait de zéro… Le premier EP était donc une espèce de pot-pourri où on essayait de mettre en avant tous nos styles de prédilection – pop, world, hip hop, house…-.

Avec le temps, on a réussi à créer Madame Synapson, un vrai personnage autour de Synapson, un style propre. Et pour la première fois, Convergence est parvenu à réunir nos influences et à les harmoniser. Aujourd’hui, on s’entend vraiment très bien sur la composition ; c’est la première fois qu’on produit un son aussi mature et qu’on arrive à réellement se comprendre et se connaître musicalement.





Comment se font vos collaborations ? Des hasards ou de vraies envies de votre part ?

Généralement, quand on cherche un featuring, on ne sait pas avec qui cela va se faire. Mais il arrive parfois que l’on sache exactement qui l’on veut, comme sur le morceau They just don’t know. Pour cette production, on savait qu’on voulait Benjamin Diamond avec qui on avait déjà eu une expérience musicale, jamais officialisée.

La plupart du temps, on ne sait pas qui on veut, mais on sait ce qu’on veut : on n’est pas capable de donner un nom pour le featuring, en revanche on sait quel type de voix, quel genre d’interprétation on souhaite. Ça a été un petit peu le cas du morceau Moonlight avec Charles Harvey. La rencontre est assez improbable ! On venait de faire un dj set et le lendemain, on s’est mis à regarder les vidéos postées pendant la soirée. On est tombé sur une vidéo où on voit un mec – qui n’était pas du tout à la soirée ! – rappant en anglais avec un flow incroyable. C’était Charles Harvey ! On l’a contacté via Instagram et on a fait un morceau avec lui.

Pour Anna Kova, c’était un pur hasard : on est arrivé avec l’instrumentale qu’on avait depuis un moment, et on a testé plein de voix. Mais ça n’allait pas. C’est finalement en discutant avec Alex Nebout, manager du label Parlophone que l’on a découvert Anna : il lui a envoyé le morceau le soir même, et le lendemain midi, elle nous a envoyé un test… On a tellement été bluffé qu’on a pratiquement rien changé. Aujourd’hui, le morceau All In You que tout le monde connaît, c’est la maquette qu’elle nous avait envoyée.





Le fait de passer sur toutes les ondes ne vous effraie-t-il pas ? Tomber dans le mainstream…

J’y ai pensé. Pour être tout à fait honnête, je suis comme la majorité des gens : j’écoute un artiste, je le découvre puis au bout d’un moment il passe à la radio jusqu’à ce qu’on l’entende trop et qu’on se dise : « je n’en peux plus ! ». Pour ma part, j’avais donc un peu peur pour Synapson, mais en fin de compte, nos passages radios n’ont rien altéré de notre musique et pour être honnête, certaines radios ont pris le risque de nous diffuser mais beaucoup ont refusé aussi ; on n’est donc pas présent partout ! Je salue les radios, parce que on n’a pas eu besoin de changer nos compositions, on est resté fidèle à notre musique.

Finalement je me dis juste que le soutien des radios est la réussite du projet, qui fait qu’aujourd’hui, on a encore ces musiques en radio. Maintenant je comprends que des personnes qui nous ont découvert vont être un peu saoulées de nous entendre partout mais ça ne nous fait pas forcément peur. En tout cas on n’adapte pas notre musique en fonction des passages radios et c’est là où on est hyper agréablement surpris : certaines radios viennent se renseigner sur de nouveaux styles et univers…

musique
  • Création : 29/8/2016
  • Mise à jour : 29/8/2016

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