Festival du Nouveau Théâtre Populaire : « L'enthousiasme est là »

Porté par un collectif de 20 personnes, le Festival du Nouveau Théâtre Populaire est devenu une institution théâtrale en Anjou, avec plus de 7200 spectateurs l’été passé. Pour sa 8e édition, cinq spectacles arpentent les planches de Fontaine-Guérin. Retour sur ce précieux NTP avec Sophie Guibard, comédienne et metteur en scène au sein de la troupe.


De qui se compose aujourd’hui le NTP ?

On est 20 personnes, une administratrice, un régisseur général et 17 comédiens-metteurs en scène et un metteur en scène. C’est absolument collectif. Pendant les répétitions de spectacles, certaines décisions sont prises par les metteurs en scène mais elles concernent strictement les spectacles et pas du tout le fonctionnement général du festival.


La maison du NTP est devenue la propriété de la communauté de communes de Beaufort en Anjou. Comment envisagez-vous la mise à disposition du lieu, devenu aussi lieu de création et d’accueil de compagnies ?

La propriétaire de la maison est décédée en 2012, on a voulu se porter acquéreur de la maison auprès des enfant héritiers. Pour ce faire, on a lancé une grande souscription publique grâce à laquelle on a récolté beaucoup de fonds mais pas assez pour racheter la maison. Mais voyant le succès de cette souscription, la communauté de communes de Beaufort en Anjou a proposé de racheter la maison pour la mettre à notre disposition.

La maison est devenue un lieu public l’été dernier. On a une convention de 11 ans, renouvelable, et on est entièrement gestionnaire du lieu. On est dans l’optique de maintenir le festival tel qu’il est avec les trois semaines de répétition, les deux semaines de représentation, la même équipe, et toujours des actions culturelles menées à l’année. On a un lieu qui nous permet une implantation sur le territoire. Et puis effectivement, suite aux travaux qui ne sont pas terminés du tout – on en est à la reconstruction du plateau, ensuite ce sera la réfection de la maison et de la grange pour avoir une scène de répétition -, on lancera quelque chose pour accueillir les compagnies régionales plus régulièrement.





L’esprit reste le même, bien que vous agrandissiez votre champ d’actions ?

Les décisions sont toujours prises collectivement ; on se réunit une fois par mois. Le choix des compagnies se fera également de cette manière.


Avec ces changements et votre notoriété grandissante, n’avez-vous pas peur de perdre la liberté artistique, l’esprit que vous défendez depuis vos débuts ?

Répondre à cette peur, c’est ne pas s’inquiéter et continuer à réaliser ces rêves de création. Bien sûr, on a évolué avec le public et on est très attentif à ce à quoi ils sont réceptifs ou non. Mais tant que l’on reste à leur écoute et à l’écoute de nos désirs, de notre évolution, on ne court pas de risque. Et l’enthousiasme est là.

On a commencé avec peu de moyens, on en a toujours peu et on essaye de maintenir cela : maintenir un tarif à 5 euros, un théâtre qui soit relativement pauvre. Après, quand on bricole, on trouve toujours de meilleurs moyens de bricoler pour mieux réaliser nos désirs, donc c’est normal que ça progresse. Mais on est encore loin du moment où le progrès s’emballe tout seul.





Cette année, le collectif s’est produit sur de grandes scènes de la région, notamment avec La vie treshorrificque du grand Gargantua. Cela vous a-t-il apporté quelque chose, ouvert des portes ?

La première vertu est de faire connaître le festival et la troupe du Nouveau Théâtre Populaire sur le territoire. Et puis évidemment, comme c’est un festival où l’on joue peu les spectacles, pouvoir les jouer ailleurs, c’est pouvoir les partager plus longtemps, avec plus de personnes. C’est une victoire.


Avez-vous créé des liens particuliers avec les structures côtoyées ?

On a créé des liens avec le Quai. Ils nous ont beaucoup aidés, nous ont emmené sur le territoire pour nous faire connaître. On est allé dans 12 écoles – l’école du spectateurs_. Nous avons également mené beaucoup d’actions culturelles, notamment avec Angers Nantes Opéra ; cela sera reconduit la saison prochaine, avec les lycées, les collèges.

On développe beaucoup l’action culturelle et on se développe aussi territorialement, avec des spectacles en itinérance et des spectacles qui font la tournée des vendanges. C’est une forme que l’on a inauguré l’année dernière qui consiste à collaborer directement avec les mairies. On emmène un spectacle dans une commune, c’est une opération donnant-donnant : un partenariat qui ne se fait pas avec une structure culturelle mais avec une structure municipale, et on y tient beaucoup aussi. C’est une certaine manière de s’implanter dans le territoire.





Parvenez-vous à conjuguer vos carrières professionnelles et le Nouveau Théâtre Populaire ? Comment cela se passe-t-il à l’année ?

On conjugue avec d’autres projets car en tant qu’artistes, certains ont d’autres propositions à côté. Cela nous permet aussi de faire autre chose, de voir autre chose. L’ensemble de l’équipe est de plus en plus présente sur le territoire, il y a quasiment tout le temps quelqu’un à Fontaine-Guérin.


Des acteurs volontaires prennent-ils toujours part au festival ?

Nous avons toujours des bénévoles ; cette année, ils joueront sur deux spectacles : Aristophane qui est le spectacle en itinérance, et Richard III de Shakespeare qui est une des deux créations du soir.


Le principe du festival était que les créations se fassent en une quinzaine de jours.
Est-ce toujours le cas ?

Toujours, 15 jours, trois semaines. Cette année, nous travaillons du 27 juillet au 16 août pour les petites formes. Les spectacles en itinérance sont répétés en amont, mais sur un temps qui n’est pas plus long.





Vous exhibez un nouveau plateau cette année. Ne craignez-vous pas de décevoir vos fidèles, attaché à l’aspect « champêtre » ?

Avec le nouveau plateau, la jauge va augmenter un petit peu. Peur de décevoir ? Non, dans la mesure où il est très important de jouer sur un plateau qui ne menace pas de tomber en ruine quand on joue dessus ! Et ça reste un plateau en bois. Il faut bien que le renouveler, le temps passant.


Dans cette 8e édition comme d’autres, on retrouve toujours le Grand Répertoire…

Pas toujours. D’abord, les spectacles jeune public sont souvent des adaptations de mythes, toujours des écritures. Et depuis l’an dernier, nous jouons Le jour de Gloire est arrivé qui est une pure création d’archives, de discours, d’interviews, sur les présidents de la 5e République. C’est un exemple. Cette année, c’est effectivement du grand répertoire, mais c’est la réalisation de grands rêves plutôt que le choix de faire du répertoire. Si les metteurs en scène n’avaient envie que de créations, nous le ferions aussi. Dans cette troupe, il y a un goût des grands textes qui est partagé, mais il ne fait pas loi.


Plus d’infos sur le Festival 2016

Site internet du Nouveau Théâtre Populaire

Photographies © Roxane Kasperski

théâtre
  • Création : 25/8/2016
  • Mise à jour : 25/8/2016

Mon plaisir Cinéma

Du 17 au 25 novembre, les habitants du quartier Monplaisir d’Angers vous concoctent un 1er festival ...

cinéma - 17.11.2017

Big Wool

facebook.com/bigwoolmusic...

musique - 25.9.2017

Stadium, des supporters et une ovation

Les 21 & 22 septembre, Le Quai présentait Stadium, une proposition originale du metteur en scène Mohamed El Khatib. Pour le Scéno, ...

théâtre - 19.10.2017

Tout savoir sur sceno.fr

www.sceno.fr • AideEn savoir plus