Rendez-Vous Conte avec Simon Gauthier

Du 9 au 12 juin, le festival Rendez-Vous Conte revient pour une 5e édition en Anjou bleu. Dans son programme chargé qui bourlingue du Lion d’Angers aux communes alentours, on recense de fameux conteurs comme Yannick Jaulin, Colette Migné ou Jean Le Peltier, mais aussi un Québecois de renom, Simon Gauthier, qui fait sa première apparition au festival.


Sa voix, son accent, ses intonations, sa gaieté, tout chez Simon Gauthier nous donne envie de l’écouter sans discontinuer. Il s’est pourtant longtemps posé la question de faire de son art son métier. Déjà étudiant, il aimait taquiner la scène mais ce n’est qu’un peu plus tard, en 1996, au détour d’un spectacle de Michel Faubert que le déclic s’est produit. « Le temps d’une soirée, j’ai fait un grand voyage à travers les il était une fois et les ça s’est passé au temps de. Ce conteur m’a communiqué la passion de faire voyager les gens autre part, par des histoires. Deux ans après, j’entreprenais ma vie de bohème et de troubadour avec chanson, musique et conte. »


Au début des années 2000, il monte même un festival dans sa contrée, Conteurs en Rafale : « C’est en tournant en France que j’ai eu le goût de monter un festival. En jouant dans les foyers ruraux de la Sarthe, de la Lozère, de la haute Marne, je retrouvais quelque chose qui s’apparentait à mon coin de région, reculé des grands centres et je m’en suis inspiré pour le festival. »





Depuis 18 ans, Simon Gauthier balade ses histoires, avec guitare et scie musicale, mélangeant les formes avec autant d’énergie que de poésie. « Je ne suis pas la meilleure représentation du conteur car je me permets tout ce que je peux, sans me poser de questions. Parfois, je vais raconter, parfois chanter, danser ou interpréter un personnage, selon mon intuition. »


Chaque conteur choisit son orientation ; Simon, lui, s’inspire de récits de vie pour créer des spectacles entre réalité et fiction. « Je vais rencontrer des gens dont j’entends parler et qui, pour moi, font des actes héroïques, poétiques ; ce sont de vraies existences que je vais parfois teinter de fantastique mais pas tant, car leur vie est déjà assez incroyable sans qu’il soit besoin d’en ajouter ! » Il raconte même que de temps à autre, au Québec, des spectateurs lui relatent d’autres anecdotes inconnues sur le quidam qu’il conte !





Pour ses spectacles comme le dernier présenté, Le vagabond céleste, le conteur québécois préfère donc aborder la légende, « créer des héros contemporains » pour laisser les il était une fois aux diseurs qui font réfléchir ou manipulent les chimères. Il emmène les plus réfractaires dans le plus grand imaginaire au monde, le leur et transporte tout son pays, par sa simple voix.


« Ce qui est bien dans cette forme d’art, c’est que le spectateur voyage assis sur une chaise dans de nombreuses cultures. Le pays du conteur est transporté par la voix. Il y a un côté universel dans le conte et une notion de partage très forte ; ça fait du bien par où ça passe ! »





Universel, le conte ? L’est-il réellement, lui qui avait autrefois la fonction de transmission dans un même territoire et qui aujourd’hui transporte encore références et représentations d’une même culture ?


« Le conte est un mode de transmission des mœurs, valeurs, savoir-vivre d’un territoire ; cela demeure toujours bien imprégné. On s’en rend compte quand un conteur camerounais vient nous raconter ce qu’il se passe dans son village : quelque chose nous est connu, mais qu’il y a aussi un décalage culturel dans la façon d’aborder le problème ou de vivre la situation. Les contes transportent une culture. Mais cela ne veut pas dire qu’une autre manière de penser ou de parler ne nous raconte rien… »


Si le conte garde parfois l’image vieillotte qui lui colle à la peau, il répond simplement : « Quand les gens viennent, ils ne se posent même plus la question et deviennent captifs de leur propre imaginaire. » C’est sûr, avec les spectacles de Simon Gauthier, vous partirez très loin…



http://simongauthier.com

théâtre
  • Création : 7/6/2016
  • Mise à jour : 7/6/2016

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