Doc Gyneco, 20 ans après : Une tournée, un tournant ?

20 ans après la sortie de Première Consultation, on n’aurait jamais parié revoir Doc Gyneco sur scène avec l’album qui l’a propulsé – plus d’un million d’albums vendus. Le plus décontracté des rappeurs s’est remis à la chanson, avec une tournée dans les jambes et un nouvel album en tête. De ces premiers concerts de retour, il avoue avoir reçu une « grosse dose d’amour » au point d’en avoir été ému. On n’allait pas rater l’occasion de son passage au Chabada pour creuser le réveil du docteur.

Entre deux dates et une vie de famille remplie, difficile de saisir le quarantenaire, ses consultations sont rares. Mais Bruno Beausir revient toujours quand on ne l’attend pas ! Alors interview, pour le Scéno !


Qui est Doc Gyneco aujourd’hui ? La personne ou le personnage ?

La personne, c’est Bruno Beausir, le personnage Doc Gyneco, mais aujourd’hui je me cache de moins en moins derrière Doc. J’ai fait beaucoup le pitre, l’idiot pour mettre un peu à distance tout ce qui me tombait dessus.





Que s’est-il passé dans votre vie depuis votre dernier album Peace Maker ?

Peace Maker est sorti fin 2008. Il n’a pas très bien marché, la maison de disques a mis la clé sous la porte le jour de la sortie. J’étais en plein lynchage médiatique. Après j’ai fait du théâtre dans une pièce de Dominique Coubes au Gymnase du Théâtre, Le siècle sera féminin ou ne sera pas. C’est là que j’ai pointé au Pôle emploi pour devenir intermittent.

Ensuite, j’ai aidé ma famille dans un bureau de tabac ; j’ai travaillé comme n’importe quel Français. Puis j’ai réfléchi, je suis passé par plein d’étapes et ce n’est que vers 2014 que j’ai commencé à me remettre à faire des chansons.


Avec du recul, quel regard portez-vous sur cette période trouble ?

Il fallait que je passe par là, que je connaisse des hauts et des bas.


Est-ce pour vous sortir de tous ces vieux fantômes que vous avez décidé de repartir en tournée ?

Non, c’est pour répondre à la demande des gens que je croisais dans la rue. Ils me le réclamaient donc j’ai essayé d’y arriver de manières très différentes.





Vous n’aviez pas tourné Première consultation lorsqu’il est sorti. Pourquoi aujourd’hui ?

A l’époque, il y avait très peu de rappeurs qui faisaient des concerts. Il y avait les pionniers qui avaient connu le circuit du rock alternatif comme les IAM, les NTM ou les Assassin mais ceux de ma génération ne sont pas très scène en fait. Première Consultation n’a pas marché tout de suite. Les ventes ont décollé au bout d’un an, et là je suis retourné tout de suite en studio pour Liaisions dangereuses. En plus, je suis assez timide, je trouve ça gênant de se mettre en avant.


Vous aviez déjà sorti un best of en 2003 (Menu Best Of), pourquoi remettre ça une nouvelle fois ? Une façon de vous remettre le pied à l’étrier ?

La réédition de Premiere Consultation n’est pas un best of. Ce sont les mêmes titres mais retravaillés différemment. Warner, qui s’occupe de mon catalogue, m’a confié les bandes ainsi qu’à mon réalisateur Mitch Olivier, et on a retrouvé des inédits, des versions différentes des morceaux.


Cela ne vous frustre-t-il pas que le public vienne uniquement vous voir pour cet album, Première consultation, qui n’est pas représentatif de tout ce que vous avez fait ?

Non pas du tout, cet album ne m’appartient plus. C’est le leur et c’est un bonheur de partager ses chansons avec eux.





Vous qui vous êtes engagé auprès de Nicolas Sarkozy en 2006, ne pensez-vous pas que votre crédibilité a été entachée auprès de votre public ?

Celui que je croise dans la rue semble m’avoir pardonné, c’est encore difficile auprès des medias, tous me posent la question, des programmateurs de festivals. En m’engageant comme ça, un peu par provocation, je n’ai pas mesuré ce que je faisais. J’ai clairement divisé mon public en deux, entre ceux qui pensent qu’un artiste ne doit pas s’engager et ceux qui pensent que je dois m’exprimer. À la lumière de ce que j’ai vécu, ce n’était pas ma place.


Aujourd’hui, avez-vous encore envie de parler politique ? Ou faire de la provocation/ du politiquement incorrect ?!

Oui, la politique c’est important au sens discuter de la vie de la cité. Je ne le ferai plus comme je l’ai fait il y a 10 ans. J’aime bien aller défendre ceux qui sont au plus bas dans les sondages, dans l’opinion publique…





Dans Première consultation, vous évoquiez votre quartier avec « Dans ma rue », qu’est-ce qui a changé dans cette rue 20 ans plus tard ?

Les communautés se sont crispées, il y a moins de fraternité, plus de religion.


Vous avez entamé vos premiers concerts de tournée. Qu’avez-vous ressenti lors de votre retour sur scène ?

Une bonne grosse dose d’amour, j’étais ému.


Cela vous a-t-il donner l’envie de sortir votre album en préparation ? Le testez-vous sur scène ?

J’ai envie de sortir mon nouvel album, mes nouvelles chansons depuis très longtemps. Non je ne le testerai pas sur scène. C’est l’heure de gloire de Première Consultation. Je n’y touche pas, je ne veux pas embêter les gens avec de nouvelles chansons. Ils veulent retrouver celles de leur jeunesse.






Vous avez toujours oscillé entre rap et chanson française (Classez-moi dans la Variété). Est-ce toujours un leitmotiv ?

Oui toujours, même si le rap est en train de devenir la variété.


Et la littérature ? N’avez-vous pas envie de vous y mettre, vous qui ne jurez que par le texte ?

J’ai trop de respect pour la littérature. Je lis beaucoup, tout le temps.


Aujourd’hui, quels sont les albums de chevet de Doc Gyneco ?

J’ai des livres de chevet !





À l’image de cette tournée, pourrait-on voir un jour de nouveaux revivals avec Passi ou Stomy Bugsy ? Toujours des amis ?

Passi et Stomy sont mes grands frères, je resterai toujours leur petit frère, même si j’ai envie de m’émanciper de leur tutelle, parfois. Il faut qu’ils comprennent que j’ai 41 ans, que je ne suis plus leur petit. On se voit de temps en temps, à l’occasion d’un showcase, d’un studio, d’une promo. Mais Stomy reste mon ami, ainsi que Passi. Pour cette réédition, cette nouvelle tournée, je veux me prouver que je suis capable de réussir sans eux. Ça n’a rien contre eux, c’est ce dont j’ai envie.


Photos © HIDIRO

www.facebook.com/docgynecooffi

musique
  • Création : 13/5/2016
  • Mise à jour : 13/5/2016

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