Live-report : Arman Méliès & Bertrand Belin, concerts littéraires

Mardi 23 mars, le Chabada invitait deux amoureux des bons mots. Arman Méliès et Bertrand Belin ont aiguisé leur plus belle plume pour offrir deux concerts qui ont enflammé comme caressé les oreilles.


Arman Méliès est un poète contemporain. Harmonisant à merveille sa prose à sa guitare, il fait chanter les mots. Son dernier album intitulé Vertigone est sans aucun doute le plus réussi de sa d’ores et déjà grande carrière. Alain Bashung avait l’oreille, c’est certain. Celui qui a fait appel à Méliès pour son dernier album Bleu Pétrole, avait su distinguer à travers les verres fumés de ses Ray Ban, le talent du garçon.





Méliès, concert incendiaire

Sur scène, Arman Méliès nous inflige un véritable uppercut. Il n’a pas un physique de boxeur, pourtant la tension est aussi intense que sur un ring. La Fender est incisive et la voix rugueuse. Perturbé par une célébrité qu’il tarde à assumer, Méliès s’y prend à deux fois pour nous envoûter avec Les Chevaux du Vent Fou. Il ouvre ensuite la parenthèse Tessa dont on souhaite qu’elle ne soit jamais refermée. Le rythme y est délicat et les paroles profondes.

Le premier titre de son cinquième disque, Constamment je brûle est prétexte à balancer un cocktail Molotov pour briser la vitre entre l’artiste et les témoins privilégiés d’un sublime incendie. Cet instant de fusion et de tension se poursuit jusqu’aux dernières notes du concert. Méliès en sort essoufflé, son public euphorisé.





Belin, concert théâtralisé

Suit Bertrand Belin, tête d’affiche et tête bien faite. L’artiste incarne ses textes comme personne. La « patte » Belin est atypique, elle consiste à répéter à l’excès des termes pas toujours très ordonnés. Le bazar organisé qu’il propose est drôle par son côté déroutant. Plus rien n’a de sens et ça fait du bien. La représentation quasi-théâtrale du natif de Quiberon est singulière, mais à force de jongler entre mini sketchs et performance musicale, on ne sait plus vraiment où donner de l’oreille.

Cette relation pleine de connivence entre l’artiste et son public s’épuise quelque peu sur la durée : le concert devient presque monotonique*… On en viendrait même à quémander d’autres saynètes tant celles-ci sont délicieuses et font figure de seuls instants brisant le côté lancinant du concert. Petit à petit, *on finit par lâcher la main de celui qui nous a accompagnés dans cette balade musicale. L’homme est bon, le chanteur un petit peu moins.


Un public charmé

Le public majoritairement composé de trentenaires s’est montré enthousiaste une fois le concert terminé. Les dames en pinçaient pour Belin, les hommes pour Méliès. Ces deux dandys de la chanson française ont chacun offert une performance singulière et littéraire.



Photos : A. Méliès © Frank Loriou // B. Belin © Phlippe Lebruman

musique
  • Création : 29/3/2016
  • Mise à jour : 30/3/2016

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