IsWhat ?! + Bionicologists, le duo cyborg

IsWhat ?! + Bionicologists, le duo cyborg

Interview // Le nom Bionicologists ne vous dit sûrement pas grand chose, et pourtant ! Cette création toute fraîche de cinq mois est portée par deux des meilleurs beat boxeurs français : Ezra et L.O.S.

A peine sortis de résidence, nos deux bouches musicales risquent fort de se faire entendre au delà de leurs micros, dans l'univers du hip hop bien sûr, mais aussi du jazz et de l'électro.
Avec cet alliage de broken beat et d'ambiances dancefloor, il est bel et bien question de musique, jouée à partir de la voix et d'un I-phone en commande centrale. Tel est le concept : associer l'organique au technologique, un singulier rapprochement entre l'homme et la machine.


Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous présenter vos parcours respectifs ?

L.O.S : Je suis beat boxeur, originaire de Cholet. Mon premier groupe était Natik'All, fondé en 1998, avec lequel j'ai pratiqué cet art pendant six ans en amateur. En 2006, j'ai remporté le premier championnat de France de beat box. J'ai ensuite collaboré avec Kwal, D de Kabal, Vincent Segal guitariste de M. Je joue actuellement avec un groupe polonais Me Myself and I, avec qui j'ai enregistré un album.

Ezra : Beat boxeur aussi (rires), j'ai commencé au Mans dans les Sounds System, puis dans les festivals de la région. J'ai joué trois ans avec Nouvel R, avant de monter ma propre création. J'ai aussi participé à l'organisation du premier championnat de France. Mon dernier gros projet en date reste la tournée de Camille. J'ai aussi donné des ateliers pédagogiques, comme L.O.S d'ailleurs, au sein de l'association Aladesh.

Comment vous êtes-vous retrouvé pour former Bionicologists?

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E : Nous faisions tous les deux parti d'un quatuor constitué en 2007, les Bionic Breath Makers. Et nous avions depuis longtemps le désir de retravailler ensemble, comme si les choses ne pouvaient pas s'arrêter là. La décision de former le duo a été prise cet été, suite à l'annonce de la tournée en France de Rahzel. Après avoir parlé de retravailler ensemble, dans l'objectif de créer un orchestre en duo sur scène, on nous a proposé d'effectuer les premières parties de Rhazel. Malheureusement la tournée a été annulée. Mais les choses étaient déjà lancées et surtout l'envie n'a pas failli. Nous avons donc démarré la création à l'automne dernier.


Dans quelles conditions s'est mise en place cette création ?

L : Les choses ont dû se faire très rapidement, car nous devions être fin prêt en avril pour les premières dates. Nous avons donc commencé par la création musicale jusqu'à fin janvier, et dès le mois de février, nous sommes rentrés en résidence pour trois semaines. Il fallait, après l'étape de création, travailler le son en lui-même, ainsi que la substance, c'est-à-dire la structuration des morceaux. Puis nous avons peaufiné l’écriture à l'aide d'un metteur en scène David Gauchard et d'une équipe son et lumière.


Que signifie l'appellation Bionic, dans votre concept ?
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E : C'est la recherche entre le biologique et l'électronique, un concept mi-hommes, mi-machines. Tout s'articule autour du Magic Looper. Il est beaucoup plus évolué que les looper iques qu'utilisent les guitaristes pour jouer par dessus leurs pistes (le looper est un dispositif servant à faire des boucles musicales, ndlr). Il se pilote grâce à nos I-phones munis d'une interface personnalisée et connectés en Wifi à un ordinateur. Il permet tellement de flexibilité que nous pouvons rajouter dans l'instant des effets sur tous les bruits que nous effectuons. On peut sortir des sons jusqu'à ce jour impossible à produire avec la voix. Dans les années 70, on commençait à imiter les machines, aujourd'hui on peut totalement jouer avec elles.


Vous avez tous les deux collaboré avec différents musiciens ou artistes qui entretiennent un rapport très ouvert au beat box (exemple Camille). Était-ce dans le but d'enrichir votre propre rapport à la musique ?

E : Nous avons gagné en musicalité. Indéniablement. Mais nous avons toujours eu ce désir de faire de la musique. Aujourd'hui on la comprend mieux, grâce à nos parcours respectifs. Cela fait parti de l'apprentissage naturel du beat box. On travail d'abord le rythme, puis les mélodies et enfin on peut se pencher sur des choses plus complexes comme les harmonies. C'est pourquoi on se force à mettre en avant cette notion de musicalité au sein de Bionicologists.


Selon vous, comment doit-on considérer le beat box dans le paysage musical, si vaste soit-il ?


L :
Le beat box est avant tout un instrument de musique, ce n'est pas un genre. Quand on me demande : Vous faites quel style de musique ? Je ne réponds pas du beat box ; je fais du hip hop, de l'électro, du jazz. Nous sommes des musiciens qui jouent plusieurs styles, avec un instrument qui est notre propre voix.

Propos recueillis par B. Pepion

Publié par benjamin, le Jeudi 11 Février à 11h32

Complété par Suzie, le Mercredi 07 Avril à 12h54

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